AccueilCritiquesDrameMON PERE EST INGENIEUR

MON PERE EST INGENIEUR

Natacha, pédiatre réputée de son quartier de Marseille, est retrouvée chez elle en état de « sidération psychique » par ses parents. Son ancien amoureux qui est parti faire médecin à travers le monde revient pour comprendre et soigner la jeune femme. Son inertie est elle consécutive à un choc? Une décision inconsciente de ne plus parler? Une fatigue morale extrême?

Robert Guédiguian poursuit sa route avec son cinéma généreux, fortement politique, où il essaie toujours de faire entendre la voix des plus faibles et des plus exploités. Justement dans Mon Père est ingénieur, la voix manque à son héroïne, Natacha, qui longtemps s’est battue pour éviter les expulsions, défendre les plus démunis, guérir les plaies d’une société en souffrance, lutter contre l’individualisme…. jusqu’au jour où elle cesse de parler, de bouger, de combattre. Le réalisateur marseillais signe là une de ses oeuvres les plus amères en mêlant trois histoires qui finissent par résonner entre elles et se rejoindre: il nous fait revivre la Bible et le parallèle entre Marie et Joseph avec les deux adolescents d’origine ethnique différentes empêchés dans leur amour mutuel semble assez naïf et simpliste. Plus intéressant par contre: le récit autour de cette femme médecin communiste aux grands discours éloquents et qui « décide » de ne plus parler, fatiguée de voir l’échec de la solidarité et de l’altruisme autour d’elle. C’est du Guédiguian pur jus, avec son envie de « changer le monde », de cultiver une utopie plus vraiment là et cependant vivante encore dans les coeurs. Mon Père est Ingénieur recèle quelques jolies séquences au milieu d’autres ratées (les flash backs autour de la religion frisent un peu le ridicule), un sentiment inégal nous habite devant ce scénario parfois tire larmes inutilement, augmenté d’une BO sur signifiante (les tubes Wonderful Life et Music was my first love).

On reprend les mêmes et on ne change pas une équipe gagnante: son casting comporte les fidèles Ariane Ascaride, Jean Pierre Darroussin, Gérard Meylan, Pascale Roberts, Jacques Boudet, etc…sans fausse note dissonante. Il serait malvenu de juger la répétition du style Guédiguian, reconnaissable entre mille, on aime retrouver son univers sincère et plein d’humanité. Depuis ses débuts, on sent bien que l’auteur de Marius et Jeannette a perdu quelques unes de ses illusions et se demande, comme ses personnages, s’il faut « continuer ou arrêter », si la lutte vaut le coup d’être menée. Mais cette fois, il part dans tous les sens et synthétise maladroitement ses idées. D’où un film mi figue mi raisin.

ANNEE DE PRODUCTION 2004.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Loin d'être le plus abouti des films de Guédiguian, ce drame social et politique se disperse trop dans sa narration et échoue à convaincre pleinement. Ariane Ascaride de nouveau excellente. Moyen au final.

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