BIRDY

Malgré leurs différences, Al et Birdy sont devenus inséparables. Dans leur banlieue défavorisée de Philadelphie, Al, sportif, exubérant et populaire, ne pense qu’à séduire les filles, quand Birdy, réservé et étrange aux yeux des autres, voue une admiration sans bornes aux oiseaux… Mais la guerre a mis fin au temps de l’insouciance et les deux amis ont vécu le traumatisme du Viêt Nam. Revenu défiguré, Al est appelé à l’hôpital militaire pour aider Birdy : totalement mutique, il semble persuadé d’être une créature pouvant voler…

Le britannique Alan Parker a traumatisé le cinéma américain avec son terrible Midnight Express (sur la détention éprouvante d’un jeune homme dans les prisons turques), fait danser la génération adolescente avec Fame, puis mit en valeur le travail des Pink Floyd sur The Wall. Avec Birdy, il explore une autre facette de son registre: la poésie filmée. Allégorie sur le désir de voler comme un oiseau grâcieux (pour échapper à une existence humaine juste insupportable), le scénario ne s’en tient toutefois pas là: il se fend au passage d’une belle ode à l’amitié masculine (les deux amis, Al et Birdy, traversent les bonheurs et les facéties de la vie, avant de voir leur jeunesse faucher par l’Histoire) et bien sûr traite des traumatismes liés à la guerre du Vietnam, si mal digérés par la grande majorité des soldats rescapés de la « boucherie ». Alan Parker ne se soucie pas tellement de subtilité ou de « suggestion », il enfonce quelques portes ouvertes, mais sa sincérité, sa générosité et son don certain pour raconter des histoires trouvent ici un écho tout particulier. Certes, les passages mélodramatiques s’additionnent excessivement sur la durée, pourtant Birdy recèle de pépites inaltérables telles que la photographie de Michael Sarasin (alternant les tons chaleureux de la « période heureuse » et les couleurs glaciales de l’asile d’aliénés) et la musique entêtante de Peter Gabriel collant parfaitement aux images.

Applaudissons par ailleurs le tandem d’acteurs fort bien constitué de Matthew Modine, aussi émouvant en homme mutique et blessé qu’en jeune « fou » passionnément attiré par les volatiles, et de Nicolas Cage, à une époque où il n’avait pas besoin d’en faire des caisses pour laisser son jeu s’exprimer. En soldat défiguré, il tire le film vers quelque chose de plus grand. Parker s’éclate avec sa caméra et nous entraine à sa façon dans l’esprit « halluciné » de son jeune héros désireux de voler de ses propres ailes (dans tous les sens du terme) afin d’éloigner le spectre de la guerre, et plus largement de la mort qui rôde. Reparti de Cannes avec le Grand Prix du Jury, Birdy a marqué les esprits et mérite aujourd’hui une petite piqûre de rappel.

ANNEE DE PRODUCTION 1985.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un beau film porté par la réalisation inspirée d'Alan Parker. Juste un peu trop mélo par moments. Matthew Modine et Nicolas Cage, potes dévastés par la guerre, forment un duo émouvant.

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