SANGUINE

Margot débute son internat aux urgences, où elle peine à s’adapter. Très vite, elle fait face à des patients de son âge aux symptômes inexpliqués. La récurrence de ces cas exceptionnels l’interroge, d’autant qu’elle observe, sur son propre corps, des manifestations de plus en plus inquiétantes…

Après les tentatives ultra gonflées de cinéma de genre en France, initiées par les réalisatrices Julia Ducournau et Coralie Fargeat, nous voici en présence d’une troisième demoiselle apportant sa pierre singulière, il s’agit de Marion Le Corroller. Sanguine a été présenté à Cannes en mai dernier dans la section Un Certain Regard, en séance de minuit, et a provoqué des réactions forcément clivantes. Comme pour Grave et The Substance, le scénario nage en plein « body horror » tout en ayant l’intelligence de se dérouler dans une unité d’urgences médicales sous tension, ce qui rend le propos à la fois très réaliste et politique. Il n’est pas exagéré de dire que Marion Le Corroller ne prend pas de pincettes avec le gore et les effets chocs, maitrisant son récit décalé du début à la fin, avec une vraie vision de cinéaste nourrie par des références telles que Cronenberg (surtout pour son obsession affichée pour le corps humain et ses diverses mutations). Sanguine comporte également un semblant d’humour -macabre juste ce qu’il faut- et dénonce au passage la compétitivité chez une jeunesse de plus en plus fragile psychologiquement. Ne dénichant pas nécessairement la crédibilité à tout prix, la narration suit une route bien droite qui ne peut manquer de vriller lorsque le final approche: des sensations de plus en plus fortes pour ne pas ménager le spectateur. Pleine d’idées, la réalisation ose des partis pris esthétiques payants (les éclairages anxiogènes, les intérieurs étouffants), allant idéalement dans le sens d’un cinéma d’épouvante lui aussi en mutation complète.

Sa jeune héroïne campée par Mara Taquin, aperçue dans Rien à Foutre et La Syndicaliste, donne de sa personne et met son corps à rude épreuve, allant de saignements abondants en infections cutanées ragoutantes en passant par des brûlures profondes: on souffre pour elle et avec elle. Dans un rôle de chef de service autoritaire voire sadique, Karin Viard sait tout à fait se faire odieuse à souhait. Parmi le casting, on croise aussi Kim Higelin, découverte avec Le Consentement, et Sami Outalbali, un jeune acteur prometteur en interne sorti d’un burn out. Cette proposition de cinéma hautement radicale délivre son lot d’hémoglobine et on ne peut que conseiller aux petites natures de s’abstenir du voyage. Les autres se frotteront les mains! Vivement le deuxième film de Marion Le Corroller désormais!

ANNEE DE PRODUCTION 2026.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Original et gonflé, ce body horror conduit par Marion Le Corroller surprend à tous points de vue: scénario et réalisation à l'unisson. Très gore mais vivifiant. Casting très convaincant aussi.

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