AccueilCritiquesDrameQUELQUES MOTS D'AMOUR

QUELQUES MOTS D’AMOUR

Sarcelles, 1995. Erika élève seule ses deux enfants nés de deux pères différents. Abigaelle, sa fille, se persuade que son père biologique qu’elle n’a jamais connu, l’aime en silence quelque part et elle fait tout pour le retrouver. Erika l’aide dans sa recherche, tout en tentant de la protéger. En grandissant, cette quête devient obsessionnelle et désespérée, bouleversant l’équilibre de la famille…

A la fois acteur, scénariste et producteur, Rudi Rosenberg avait déjà fait ses gammes derrière la caméra il y a dix ans pour un long métrage intitulé Le Nouveau, passé sous les radars car sorti en plein dans les événements traumatiques des attentats de Novembre 2015. Ce retour à la mise en scène pour un second opus devrait cette fois lui permettre d’établir son talent et sa finesse d’écriture. Ces Quelques Mots d’Amour ce sont ceux que la jeune Abigaelle attend depuis toujours de la part de son père qui n’a jamais voulu la reconnaitre à sa naissance et ce sont ceux aussi que sa mère, courageuse maman célibataire, tente de lui dire pour apaiser sa douleur et la comprendre. Avec un scénario limpide et simplement émouvant, on croit d’emblée à cette histoire simple, d’une justesse de traitement rare, à ses personnages très bien croqués, sans psychologie pesante. Le besoin bien naturel de cette adolescente de savoir comment et qui est son géniteur secoue par son authenticité et grâce à une mise en scène jamais intrusive, accompagnant ses élans impulsifs, montrant combien son mal être et son manque rejaillit sur toute la sphère familiale constitué de sa mère et de son petit frère. La caméra de Rosenberg fait corps avec le regard de l’enfant sans trop dramatiser sa quête, d’ailleurs les scènes de « légèreté » et de tendresse (la sous intrigue du chien adopté en priorité) ne manquent pas à l’appel et agissent comme des soupapes au sujet central.

Extrêmement bien dirigée, la jeune Nour Salam, impressionnante du haut de ses 14 ans, joue avec ses tripes et un naturel confondant: impossible de ne pas être bouleversé en la regardant évoluer du début à la fin. Quant à sa maman tout en même temps formidable et dépassée, elle s’incarne à travers le jeu plein de sincérité d’Hafsia Herzi, jamais meilleure que dans le registre dramatique. Ce récit d’apprentissage décrypte aussi bien la cruauté de l’absence et les ravages causés par la défaillance paternelle que l’amour incommensurable d’une mère prête à tout pour le bien de ses enfants. Il faudrait avoir un coeur de pierre pour ne pas craquer devant ce très beau film.

ANNEE DE PRODUCTION 2026.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Découvert à Un Certain Regard à Cannes, ce second opus de Rudi Rosenberg émeut profondément par sa sensibilité extrême, son sujet fort et ses interprètes impeccables: Hafsia Herzi en mère courage et la jeune Nour Salam. Préparez vos mouchoirs!

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

Latest articles

Découvert à Un Certain Regard à Cannes, ce second opus de Rudi Rosenberg émeut profondément par sa sensibilité extrême, son sujet fort et ses interprètes impeccables: Hafsia Herzi en mère courage et la jeune Nour Salam. Préparez vos mouchoirs! QUELQUES MOTS D'AMOUR