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ALICE ET MARTIN

Après des années passées chez sa mère, Martin est envoyé chez son père, auprès de sa belle mère et de ses demi frères. Dix ans plus tard, il fugue après la mort de son père. Retrouvé par la police, il atterrit chez Benjamin, son frère ainé vivant à Paris. Ce dernier est homosexuel, mais partage un appartement avec Alice, une jeune violoniste dont il est très proche. Martin est d’emblée attirée par elle…

Réalisateur prolifique et inspiré, André Téchiné sonde les âmes humaines, les fêlures et les rapports entre les hommes et les femmes (ou avec d’autres hommes) avec une acuité particulière et surtout une sensibilité reconnaissable tout de suite dans son cinéma. Cet Alice et Martin ne dément pas cette marque de fabrique, mais cette fois, le cinéaste a imaginé un scénario un peu trop touffu et assez insaisissable, ne se laissant pas apprivoiser facilement. Un peu à l’image de son jeune héros, un être fuyant, amoureux d’une femme, mais qu’un lourd secret familial va empêcher de vivre son bonheur pleinement. Téchiné semble avoir voulu trop en dire, s’étend là où il aurait dû suggérer, étire son récit devenant un peu trop signifiant. L’histoire d’amour entre Alice et Martin nous touche, mais elle est vite mise à l’épreuve d’un traumatisme dont on va découvrir la teneur progressivement. Il y a presque deux films en un, ce qui donne ce sentiment de déséquilibre et de trop plein. L’auteur des Roseaux Sauvages n’a pas su structurer son montage, le rendant confus et maladroit. Bien sûr, on retrouve tout de même un certain lyrisme et une manière de parler des sentiments qui n’est pas entièrement ratée. Le souci vient aussi de la durée, excessive, du métrage, finissant par atténuer notre adhésion.

Le drame bascule vers le réalisme social dans sa seconde partie, avec plus ou moins de réussite, et les tourments du personnage principal sont relégués au deuxième plan, laissant place à un retour en arrière dans son passé et à une révélation « énorme » que l’on taira ici.  Du côté des comédiens, Téchiné retrouve la talentueuse Juliette Binoche, émouvante et impliquée, après l’avoir révélé dans Rendez Vous. Alexis Loret campe un Martin à fleur de peau, fragile et hanté avec une belle évidence: Dommage qu’il ne confirmera pas ses capacités ensuite et que sa carrière tournera court. En partenaire toujours efficace, Mathieu Amalric incarne joliment le troisième rôle. Globalement, cet opus s’avère correct , mais Téchiné a fait mieux avant et après. Un demi ratage donc.

ANNEE DE PRODUCTION 1998.

 

REVIEW OVERVIEW

réalisation
scenario
interprétation

CONCLUSION

Un psychodrame chargé et trop long dans lequel Binoche rayonne. Téchiné nous a habitué à plus intense.

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