Un veuf va voir sa tranquillité terriblement menacée par le charme de Maria, une gouvernante engagée pour veiller sur sa nombreuse progéniture depuis la mort de sa femme… Sa discipline de fer va vaciller sous l’influence de la nouvelle venue.
La Mélodie du Bonheur peut il se réduire à ce que ses détracteurs ont trop voulu le faire passer? A savoir une oeuvre cul cul la praline, engluée dans les bons sentiments les plus écoeurants, victime d’une « gentillesse » contagieuse et incapable de la moindre psychologie! Sortie au mi temps des sixties, cette comédie musicale qui a totalement explosé les chiffres du box office mondial et a récolté pas moins de cinq Oscars, fut adaptée depuis son succès sur scène à Broadway, issue du roman autobiographique de Maria Augusta Trapp. Croulant sous un sentimentalisme pachydermique, le film possède néanmoins quelques qualités qu’il serait injuste de ranger sous le tapis. A commencer par l’ouverture avec ce travelling vertigineux sur les montagnes autrichiennes, passant des paysages superbes jusqu’à se concentrer sur l’héroïne chantant à tue tête en invoquant le ciel et donnant clairement le ton voulu: celui du film chanté et enchanté, truffé d’ailleurs de titres assez difficiles à oublier (Edelweiss, My Favorite Things, Do Ré Mi, et évidemment The Sound of Music, titre original). L’histoire narre l’arrivée d’une ancienne religieuse novice dans une famille richissime pour « éduquer » les sept gamins d’un veuf au caractère autoritaire et revêche… qui va fondre d’amour comme une midinette à mi parcours! Tout est très calibré, rien ne dépasse, chaque séquence cultive un goût sucré que l’on peut tout à fait juger parfaitement niais. Il n’empêche que la célébration de l’amour, l’univers « idéal’ décrit, a su toucher le coeur majoritairement féminin et les incurables romantiques.
Passons sur la description sommaire du régime nazi menaçant l’harmonie familiale et amoureuse de ces protagonistes: les scénaristes usent d’un manichéisme gênant qui, heureusement, ne prend pas de place envahissante dans le script. Jule Andrews, sortie du méga carton de Mary Poppins, campe la gouvernante au grand coeur et poussant la chansonnette à tout bout de champ et on voit mal qui aurait pu la remplacer dans ce registre. Christopher Plummer incarne le capitaine inflexible se ramollissant progressivement. Enfin, le fait que Robert Wise, réalisateur installé depuis West Side Story, soit aux commandes ne peut qu’aboutir à un résultat carré, d’ailleurs lauréat d’un Oscar de la meilleure réalisation. Relativisons donc les milliers de commentaires très négatifs portés sur cette mélodie pas si honteuse qu’elle en a l’air!
ANNEE DE PRODUCTION 1965.



