En Californie, durant la ruée vers l’or, Ben Rumson, pionnier alcoolique bagarreur, s’associe avec un jeune fermier sobre. A la recherche d’un filon d’or, les deux hommes se lient d’amitié et commencent à tout partager. Ils s’installent dans la petite ville de No Name City où Ben achète la belle Elisabeth, mise aux enchères par son mari mormon…
Après le colossal succès de La Mélodie du Bonheur au box office mondial, la comédie musicale renait un peu de ses cendres quelque peu éteintes et bon nombre de réalisateurs veulent s’attaquer au genre, comme Wyler avec Hello Dolly ou justement Joshua Logan (Bus Stop, Picnic) avec cette Kermesse de l’Ouest, adapté d’un musical de Broadway signé Alan Jay Lerner et Frederick Loewe. Particularité bien spécifique et singulière ici puisque le film se trouve aussi être un pur western au temps de la ruée vers l’or avec ses cow boys machos et bruyants et avides de faire fortune avec des riens. L’intrigue -relativement sommaire- tourne d’abord autour de l’amitié entre le prospecteur bougon et son partenaire au tempérament bien plus placide, puis survient une jolie blonde qui va faire battre le coeur des deux hommes. Mais au lieu de bagarres ou de jalousie, voici que le film nous propose une romance « à trois », une audace hollywoodienne plutôt osée pour cette fin des sixties (même si la révolution sexuelle est en passe d’exploser). Les personnages laissent entrevoir leurs états d’âmes à travers les chansons qu’ils entonnent à tour de rôle durant les 2H35 de projection!! Oui, la durée excessive et le réalisation maussade de Logan ternissent quelque peu l’ensemble, malgré des dialogues parfois amusants, des situations cocasses. Sans apposer un cynisme facile et un regard sévère sur le mélange hasardeux des genres, La Kermesse de l’Ouest peut surtout retenir notre attention pour son casting improbable.
A commencer par Lee Marvin, visage grignoté par des moustaches envahissantes, pousse la chansonnette (si si!!) et joue surtout une grande partie du temps totalement bourré et geignard. Dire qu’il cabotine est un faible mot! Face à lui, Clint Eastwood, complètement à contre emploi en fermier calme et amoureux, très loin des « westerns spaguettis » de Leone et des flingues de l’Inspecteur Harry, surprend, alors que son jeu demeure finalement assez neutre tout du long. Enfin, la caution charme est assurée par Jean Seberg, au joli brin de voix et au visage angélique, partagée entre ces deux hommes, a droit aux meilleures scènes au bout du compte. Avec ses accents de comédie, La Kermesse n’a pas pour autant attiré le public en masse et a plus ou moins découragé Hollywood de continuer sur la voie du musical. Pour sa distribution, on peut toutefois lui laisser sa chance.
ANNEE DE PRODUCTION 1969.



