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L’ENNEMI NATUREL

Nicolas Luhel, jeune inspecteur de police judiciaire, débarque à la gendarmerie de Plouescat, une petite ville du Finistère. La justice veut éclaircir les circonstances de la mort d’un adolescent, précipité de la digue du port voisin. La mère du garçon accuse son ancien mari, Serge Tanguy, père de l’enfant, d’être l’auteur du crime. Mais les mobiles de l’infanticide restent obscurs.

Scénariste de Haut les Coeurs de Solveig Anspach et de La Répétition de Corsini, Pierre Erwann Guillaume décide de passer le cap de la mise en scène en 2004 en écrivant et réalisant un polar étrange intitulé L’Ennemi Naturel. La base du script? La fascination d’un jeune lieutenant de police pour un suspect (accusé d’avoir tué son gosse), un père de famille aux gros besoins sexuels et au corps sculpté. Résumé ainsi, on se dit qu’une ambiance fortement « homo érotique » va constituer l’essentiel du métrage, que l’enquête policière va passer largement au second plan. Et bien tout faux! Justement, Pierre Erwann Guillaume préfère traiter du versant polar plutôt que de se pencher sur les ambiguités sexuelles des deux personnages masculins. Sauf que ca traine sacrément en longueurs, rien ou presque ne se passe, les séquences s’enchainent comme si le réalisateur débutant ne savait clairement pas dans quelle direction aller ni comment utiliser sa caméra à bon escient? Insipide, ennuyeux, vide de sens et d’intentions, L’Ennemi Naturel n’explore aucune piste sérieuse et les clichés autour du Bien et du Mal s’accumulent sans la moindre subtilité.

Le film repose sur les non dits, les jeux de regards, le désir refoulé et il aurait fallu deux comédiens de haut niveau pour traduire ces sentiments là. Or, Jalil Lespert, pourtant belle révélation de Ressources Humaines, ne s’approprie jamais le personnage de ce flic trouble, jouant l’ambivalence sans nuances, criant beaucoup, forçant son jeu inutilement. Sa beauté plastique lui permet d’exister un peu, mais ca ne suffit pas à « humaniser » son rôle. Quant à Aurélien Recoing, il incarne presque une caricature d’homme à la virilité exacerbée et ne convainc pas vraiment en figure possiblement destructrice et malfaisante. Avec cette tentative bien molle de premier long métrage, Pierre Erwann Guillaume a appris à ses dépens qu’il faut du discernement et de la construction pour donner corps à une histoire, qu’il ne suffit pas de confronter deux idées (une mort à élucider, deux corps à rapprocher ou pas) pour obtenir un film digne de ce nom!

ANNEE DE PRODUCTION 2004.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Très mou à tous points de vue (script, réalisation) , ce premier long métrage ennuie, agace par son manque de parti pris. Même le casting ne convient pas, Jalil Lespert sera mieux après dans d'autres films plus réfléchis.

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