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LA PROIE POUR L’OMBRE

Anna, trentenaire, est malheureuse dans son mariage avec Bruno, un homme d’affaires très pris qui la considère un peu comme une femme objet. Elle prend un amant, Eric, qui la traite mieux et lui fait vivre le grand frisson. Mais Anna, insatisfaite, voudrait aussi obtenir son indépendance financière…

Scénariste, écrivain et réalisateur français, Alexandre Astruc démarra sa carrière derrière la caméra au cours des années 50, avant de signer ce drame sentimental. Le récit oscille entre hésitations féminines, trio amoureux classique (femme, mari, amant), et dresse le portrait d’une épouse épuisée de ne plus être considérée par son homme, aspirant à vivre de passions et surtout à travailler pour elle même. Astruc fait dans le drame bourgeois, au gré d’une mise en scène froide et distanciée qui empêche de s’impliquer vraiment dans cette histoire assez commune. La Proie pour l’ombre semble tout du long le cul entre deux chaises: celle du cinéma de papa, fustigé par Truffaut, et celle d’un simili discours moderne façon Nouvelle Vague, avec ses décors extérieurs naturels, sa manière de capter l’air du temps. En ce début de la décennie 60, la femme cherche plus que jamais à s’émanciper de son mari et c’est exactement le thème qui parcourt une intrigue par ailleurs plutôt mince. Les problèmes existentiels de cette bourgeoise tiraillée entre sa vie ennuyeuse et son besoin de liberté acquise avec son amant nous passent un peu au dessus et ne passionnent guère.

Tout au plus, le film arrive à dessiner les rapports hommes/femmes dans toute leur complexité, montrant aussi qu’aucune situation n’est idéale et en cela, l’héroïne se trompe un peu de combat: en quittant son époux, elle pense trouver plus de respect dans sa relation adultère et en fait se rend compte qu’on ne lui octroie pas le droit de vouloir tout simplement s’assumer seule dans le métier qu’elle exerce (elle tient une galerie d’art). L’ennui ne serait pas loin sans la présence d’Annie Girardot, frémissante et jouant plusieurs états, plusieurs humeurs avec le grand talent qu’on lui connait. Ses deux partenaires masculins, Daniel Gélin et Christian Marquand, paraissent ternes à côté d’elle. Astruc parvient quand même à témoigner d’une époque, alors même que son style souffre aujourd’hui d’un côté désuet, voire fané.

ANNEE DE PRODUCTION 1961.

REVIEW OVERVIEW

réalisation
scenario
interprétation

CONCLUSION

Un drame bourgeois peu mis en valeur par une réalisation sans relief et un scénario léger comme un confetti. Annie Girardot reste la seule bonne raison de le visionner.

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