AccueilCritiquesDrameLES AILES DE LA COLOMBE

LES AILES DE LA COLOMBE

A Venise, une jeune prostituée de luxe met sur pied un plan diabolique : elle mariera son compagnon à une fortunée et jolie héritière sur le point de mourir pour être riche à son tour. Cette machination va se « monter » par strates…

Le roman anglais d’Henry James racontait la rencontre de deux femmes dans un Venise fantasmé, l’une se battant pour vivre, l’autre pour survivre, dans une intrigue faites de machinations, de passions croisées, de secrets bien gardés et de relations contrariées. Un peu à la manière des Dames du Bois de Boulogne de Bresson autour d’une vengeance affective, Les Ailes de la Colombe devient selon le point de vue de Benoit Jacquot (dont c’est seulement le troisième long métrage) une véritable exploration des méandres du sentiment amoureux. Entre une aventurière désargentée et une jeune héritière atteinte d’un mal incurable, nait d’abord une apparente et étrange amitié glissant rapidement vers la manipulation, la vénalité, aboutissant à un drame annoncé. Jacquot s’approprie le matériau de James avec le décor de Venise filmé de façon éthérée, dans une lumière vaporeuse donnant un sentiment cotonneux et presque irréaliste. Utilisant le dispositif des ellipses à outrance, le script se joue du passage du temps, va d’une séquence à l’autre sans forcément se soucier de fluidité, un procédé déroutant qui nous laisse un peu à distance. Jacquot a écrit l’adaptation avec Florence Delay, connue pour avoir joué Jeanne DArc, justement pour Bresson (Le Procès de Jeanne d’Arc) dont on retrouve ici l’épure et le dépouillement. L’esprit romanesque du roman trouve à l’écran un écho tout particulier, fascinant car « mystérieux », attirant par ses personnages insaisissables.

Pour donner vie à ce tandem féminin, Jacquot fait appel à Dominique Sanda, actrice importante des années 70 depuis Le Conformiste et 1900, incarnant la prostituée perverse au charme vénéneux et à Isabelle Huppert, alors en pleine suractivité (quasiment dix films en seulement trois ans), jouant pour sa part l’héritière orpheline et sensible à la beauté diaphane. Les dialogues, très écrits, renforcent leur jeu volontairement théâtral. Entre elles, Michele Placido, un honnête comédien italien vu surtout chez Bellocchio, et Jean Sorel en médecin amoureux pour seuls éléments masculins. L’auteur d‘Adolphe insère une certaine sensualité dans la conception même des plans, magnifiés par la composition musicale hyper lyrique de Philippe Sarde. Mais ne nous y trompons pas: la machination insidieuse a bel et bien lieu sous nos yeux, avec au bout du chemin la solitude et la mort.

ANNEE DE PRODUCTION 1981.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Une belle adaptation assez austère et épurée du roman de Henry James par Benoit Jacquot installant son décor dans une Venise vaporeuse. Duo envoutant Huppert/Sanda.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

Latest articles

Une belle adaptation assez austère et épurée du roman de Henry James par Benoit Jacquot installant son décor dans une Venise vaporeuse. Duo envoutant Huppert/Sanda. LES AILES DE LA COLOMBE