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LES DIABOLIQUES

Dans l’institution Delassale destinée à l’éducation de jeunes garçons, Christina et Nicole sont respectivement épouse et maîtresse du directeur Michel Delassale. Elles s’associent afin de planifier son assassinat, car elles ont fini par haïr cet homme méchant et tyrannique. Mais quelques jours après leur meurtre, le corps du défunt se volatilise…

Immense succès international en 1955, ce film de Clouzot n’a rien perdu de son pouvoir de fascination et d’inquiétude, avec son suspense rondement mené et ses clairs obscurs dignes du cinéma expressionniste allemand. Depuis, des tas de films ont tenté de copier, ou en tout cas de s’inspirer de ce chef d’oeuvre intemporel, sans jamais lui arriver à la cheville. Le réalisateur du Corbeau filme ici avec une cruauté rare des personnages tous perfides, malsains, et au dessein sombres et mortifères. Le récit brillamment adapté du roman Celle qui n’était plus de Boileau et Narcejac comporte des coups de théatre inoubliables et une résolution que l’on prendra soin de taire, afin de ne pas dévoiler l’issue géniale. Le décor de cette école a tout d’un lieu hanté et son aspect lugubre est magnifié par un admirable noir et blanc. Les dialogues sont eux aussi très travaillés et remarquablement écrits.

Ajoutez à ce tableau déja ultra bien doté, un casting de très grande tenue. Paul Meurisse joue le rôle du mari excécrable et violent avec jubilation, Véra Clouzot écope du personnage de l’épouse fragile et cardiaque et s’en sort très honorablement (certaines critiques ont mis largement en doute ses capacités et injustement!), et enfin Simone Signoret, parfaitement à l’aise et à la classe indéniable, complète ce trio infernal. Dans les seconds rôles, à noter la présence de Michel Serrault en jeune instituteur débutant, et Charles Vanel campe un commissaire de police malin, fouineur, et qui anticipe de quelques années un certain Columbo. L’atmosphère angoissante et limite fantastique a donné ses lettres de noblesse au genre policier noir des années 50 en France, et on raconte même qu’Hitchcock aurait rêvé de le réaliser. Dans son magistral Psychose qu’il fera cinq ans plus tard, la douche aura une place de choix, là où Clouzot avait préféré la baignoire! Le film remporta le Prix Louis Delluc et continue d’effrayer les nouvelles générations.

ANNEE DE PRODUCTION 1955

 

REVIEW OVERVIEW

réalisation
scenario
interprétation

CONCLUSION

Une oeuvre parfaite. Terrifiante, glauque et impeccablement jouée.

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