Lucien Sabatier est inspecteur de police. Une nuit, alors qu’il effectue sa ronde, il récupère une jeune fille éjectée d’une voiture. Cette rencontre avec Aline, orpheline de 17 ans, va être déterminante pour le reste de sa vie. Alors que la jeune femme se montre de plus en plus provocante, leur relation tourne au drame : Lucien viole Aline. Dès le lendemain, elle le dénonce et le policier écope de 7 années de prison. A sa sortie, devenu détective privée, il recroise le chemin d’Aline, lors d’une enquête. Il va bientôt comprendre que cela n’a rien d’une coïncidence…
Actrice notamment chez Tavernier, Christine Pascal, tragiquement disparue en 1996, avait également tenté sa chance derrière la caméra à quelques reprises. Son film le plus connu (et le plus réussi du reste) Le Petit Prince a dit obtint même le Prix Louis Delluc. Après un premier essai peu concluant, Félicité, elle réalise ce second long métrage placé sous le signe du polar urbain, genre très à la mode en France dans les années 80 depuis La Balance. La Garce suit les méandres d’un scénario alambiqué, avec des enjeux souvent troubles et un déroulé de situations plutôt nébuleux dans lequel un flic récemment sorti de taule recroise la route de la fille qu’il avait prétendument violée, elle même mêlée à un double assassinat. Le thème de la femme fatale, l’ambiance un peu vaporeuse, les relations néfastes entre caîds et policiers, les intentions secrètes de l’héroïne: tout concourt à rendre ce film étrange et pourtant, la sauce ne prend pas! Quelque chose manque dans la mise en scène, une sorte d’unité ou de cohérence absente finissant par rendre le script peu accrocheur. De plus, le film ressemble beaucoup à un autre polar, sorti quelques mois plus tôt, A coups de crosse, dans lequel un flic entretient une relation sadomasochiste avec une prostituée. A son désavantage.
Christine Pascal avait choisi un couple de stars pour incarner ses personnages ambivalents. Richard Berry, abonné alors au genre policier, tient le rôle masculin central, bien « assis » dans sa masculinité débordante. Isabelle Huppert campe la garce du titre, changeant de coupe de cheveux à trois reprises (ce qui ne suffit pas à rendre son personnage plus mystérieux pour autant), se débrouille malgré tout fort bien (comme d’habitude) et demeure l’unique attraction valable de l’ensemble. L’italien Vittorio Mezzogiorno, découvert dans L’Homme Blessé de Chéreau, confirme son charisme et le début d’une carrière hélas stoppée par sa mort prématurée. Sans être catastrophique, La Garce ne déclenche ni passion ni grand intérêt et s’oublie rapidement une fois vu.
ANNEE DE PRODUCTION 1984.



