THE READER

Allemagne de l’Ouest, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale: un adolescent, Michael Berg, fait par hasard la connaissance d’Hanna, une femme de trente-cinq ans dont il devient l’amant. Commence alors une liaison secrète et passionnelle. Pendant plusieurs mois, Michael rejoint Hanna chez elle tous les jours, et l’un de leurs jeux consiste à ce qu’il lui fasse la lecture…. avant leurs ébats.

Le britannique Stephen Daldry nous avait émus avec Billy Elliot et bouleversés avec The Hours et pour sa troisième réalisation pour le cinéma, il adapte le best seller de Bernard Schlink (au titre éponyme), contant l’histoire d’amour entre un jeune étudiant et une femme de deux fois son âge, dont il ignore qu’elle fut employée dans les camps de concentrations nazis. A l’aide de flash backs naviguant des années 50 à 95, The Reader tente par tous les moyens de garder une sobriété dans son traitement, en traitant à la fois de la banalité du Mal, de la culpabilité, du devoir de mémoire. Récit à la fois d’initiation amoureuse et d’expiation psychologique, entretenant le mystère sur son héroïne jusqu’à mi parcours du film lorsque comme le jeune protagoniste, on découvre les activités dont elle s’est rendue coupable pendant la guerre. La mise en scène rappelle un peu la langueur de The Hours, les envolées musicales ressemblant à la partition qu’avait écrite Philip Glass, Daldry pose la question de la légitimité du pardon, parfois de manière un peu trop appuyée, l’horreur ineffable du génocide ressort par le biais des témoignages sans qu’aucune image de violence ne soit montrée. Le spectateur se retrouve à devoir reconsidérer le jugement qu’il s’est fait de l’héroïne (au départ amoureuse, sensuelle) et ce que l’on perçoit d’elle ensuite rabat les cartes de manière glaçante. Daldry cède hélas à un académisme pompeux dans la dernière partie, bien explicative et surlignée, où les personnages se retrouvent vieillis, amers, incapables de retisser le lien qui les unissait.

Si Ralph Fiennes sait comme toujours imposer sa présence sans forcer le trait, le film doit surtout énormément à sa partenaire Kate Winslet, dans un rôle ambivalent, complexe à jouer, qu’elle endosse avec courage. Elle obtint l’Oscar de la meilleure actrice pour l’occasion. Les seconds rôles (Bruno Ganz, Susanne Lothar, David Kross et Lena Olin) s’en tirent aussi très bien. The Reader, excellent ouvrage littéraire à la base, est finalement devenu avec son passage à l’écran  un psychodrame non dénué de sensibilité, mais qui croule un peu trop sous sa surcharge émotionnelle.

ANNEE DE PRODUCTION 2008.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Le britannique Stephen Daldry porte le roman de Schlink à l'écran, parfois avec sobriété, parfois avec maladresse. L'émotion affleure par instants, mais la lourdeur du mélo est gênante. Kate Winslet reste la seule vraie raison d'être du film.

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