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TOUT VA BIEN

Une journaliste américaine et un cinéaste s’éprennent l’un de l’autre, alors qu’ils sont séquestrés par des ouvriers en grève, dans une boucherie charcuterie. Ils sont au centre des mécontentements.

Le fer de lance le plus provocateur et le plus controversé de la Nouvelle Vague, Jean Luc Godard, débuta sa carrière en fanfare avec A bout de souffle, puis n’eut de cesse de réaliser des films singuliers, avec des fulgurances (Le Mépris, Pierrot le Fou) et des ratages (La Chinoise), délaissant progressivement la structure narrative des fictions classiques pour proposer des « essais » à forte portée politique. Mai 68 l’a tant chamboulé qu’il ne jura plus que par les mouvements d’extrême gauche les plus radicaux, vomissant le capitalisme, la consommation de masse et les « règles » du système en place. Avec Tout va bien, il a cherché à relayer la lutte ouvrière, filmant comme un reportage leurs revendications, leurs colères. La cause est noble sans le moindre doute, mais le gros souci est que Godard se fiche de son scénario comme de sa dernière chemise, utilise l’ironie à outrance et plonge dans une errance pénible à tous les niveaux. Au programme, des paroles, à n’en plus finir, des cadrages approximatifs, des séquences quasi improvisées répétitives et bavardes.

L’écho des événements de 68 ne se fait plus entendre dans ce charabia pseudo intello éreintant et va jusqu’à desservir l’activisme « généreux » censé être mis en avant. Tout parait brouillon, compassé et sursignifiant, tel ce plan séquence aux caisses d’un supermarché montrant la consommation rampante. Le réalisateur suisse voudrait appuyer là où ca coince, mais ne fait que tomber dans ses délires maoïstes très hermétiques. En bons soldats concernés par la politique et la situation de la France, Yves Montand et Jane Fonda ont suivis Godard dans cette galère, plus par engagement idéologique que pour la qualité de leurs rôles, écrits n’importe comment. De telles stars dans un merdier pareil, ça fait mal! Ils semblent s’ennuyer ferme. Nous aussi du reste… Une purge assommante ni faite ni à faire!

ANNEE DE PRODUCTION 1972.

REVIEW OVERVIEW

réalisation
scenario
interprétation

CONCLUSION

De loin un des plus navrants films de Godard. Bavard, affligeant et en roue libre. Montand et Fonda, démunis, coulent avec.

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