ZODIAC

Zodiac, l’insaisissable tueur en série qui sévit à la fin des années 60 et répandit la terreur dans la région de San Francisco, fut le Jack l’Éventreur de l’Amérique. Prodigue en messages cryptés, il semait les indices comme autant de cailloux blancs, et prenait un malin plaisir à narguer la presse et la police. Robert Graysmith, jeune et timide dessinateur de presse, se lance corps et âme dans ce qui deviendra l’enquête de sa vie…

Après ses sublimes oeuvres des années 90, Seven et Fight Club en tête, David Fincher laisse de côté les scénarios diaboliques et retors pour raconter une odyssée policière inédite de l’Amérique de Nixon: l’affaire du Zodiaque, soit un tueur en série insaisissable ayant sévit dès 1969 jusqu’à une date non déterminée puisque le dossier criminel ne fut jamais véritablement bouclé. Zodiac revient sur les faits de manière quasi clinique, rentre dans le détail des indices, des fausses pistes, des soupçons nourris par deux flics très différents et puis par un dessinateur obnubilé par ce tueur mystérieux. Fincher va à l’os de l’affaire, respectant scrupuleusement les dates et les étapes d’une enquête piétinant sans cesse, sa réalisation d’une belle fluidité fait passer les 2H35 de projection sans quasiment connaitre de temps mort. Filmant les meurtres de façon frontale sans chercher à styliser ni à les rendre encore plus glauques comme il l’avait fait avec Seven, Fincher opte pour une rigueur scénaristique appréciable, marchant presque sur les plates bandes du cinéma de Pollack ou de Pakula, pour l’aspect « film dossier » touffu. Le travail de documentation, poussé à l’extrême, donne à Zodiac des allures de Faites entrer l’accusé captivant et haletant. Sauf qu’il n’y a pas de coupable désigné, ni en tout cas d’assassin reconnu de façon indubitable. Le doute demeure d’ailleurs un des thèmes récurrents de cette oeuvre fleuve, désireuse de couvrir trois décennies de recherches et de faux espoirs.

Trois acteurs doués du cinéma américain nous embarquent dans leur enquête et nous emballent par leur jeu stimulant. Jake Gyllenhaal en dessinateur pugnace, Robert Downey Jr en policier fragile et rongé de l’intérieur par son sentiment d’échec, Mark Ruffalo en second flic patient, réservé et pétri de doutes. Menée avec maestria par un Fincher en très bonne forme, Zodiac explore la traque inaboutie d’un serial killer presque « invisible », ménage ses effets, joue avec nos nerfs et nous laisse démuni face à un flot de questions sans réponses. Comme pour nous permettre de continuer nos investigations mentales bien au delà du mot FIN et de nous refaire le film de toute cette affaire aussi tortueuse que fascinante.

ANNEE DE PRODUCTION 2007.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Fincher sait aussi faire du cinéma coup de poing sans chercher à épater à tout prix! Son évocation clinique de l'affaire du Zodiaque en est la preuve manifeste. Du cinéma dossier implacable servi par de remarquables comédiens.

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