Marianne Farrère, ultra riche à la tête d’un grand groupe de cosmétiques, est approchée par le photographe Pierre Alain Fansen qui change sa vie en quelques mois: il la divertit, la fait sortir de son quotidien monotone, entre dans son cercle familial avec une aisance folle, au grand dam de la fille de Marianne, Frédérique, qui voit d’un très mauvais oeil ce nouvel arrivant qu’elle considère tout de suite comme un pique assiette. D’autant que Marianne commence à proposer des sommes considérables au jeune artiste insolent…
On connait Thierry Klifa, l’ancien journaliste de Studio Magazine, comme le réalisateur de films certes pas forcément mémorables pour leur style esthétique, mais plutôt de beaux écrins pour les actrices françaises. Après Catherine Deneuve, Nathalie Baye, Fanny Ardant, il élabore son nouveau film autour d’Isabelle Huppert à qui il offre ce rôle inspiré de la richissime Liliane Betancourt et évoque sa relation avec le photographe François Marie Banier et l’affaire judiciaire qui s’ensuivit. Cette comédie mordante, sous la forme d’une satire de la grande bourgeoisie, entend prendre des libertés avec la véritable histoire et présente des personnages volontairement outranciers, antipathiques, qu’il faut savoir appréhender avec du second degré. Si la mise en scène de Klifa n’a rien d’exceptionnel, le point fort réside dans des dialogues éclatants et d’un scénario signé Jacques Fieschi et Cédric Anger qui abat des cartes irrésistibles de drôlerie. D’ailleurs, la rupture de ton vers le drame dans l’ultime tiers autour de la question de l’abus de faiblesse supposé de la milliardaire se voit largement moins convaincante, comme si Klifa y perdait son sens du grinçant. Par contre, une régularité absolue dans l’interprétation ne permet jamais à l’ennui de s’installer.
Et le film est clairement un régal d’acteurs! Toute la distribution est proprement impeccable: Marina Foïs sait s’imposer dans un rôle « secondaire » qu’elle incarne avec précision, André Marcon en époux au passé trouble existe vraiment sans grand temps de présence, Raphaël Personnaz stupéfiant en majordome blondinet observateur (les prochains César devraient s’en souvenir). Puis évidemment le couple Laurent Lafitte/Isabelle Huppert, huit ans après leur rencontre dans Elle, fait tout le sel de l’ensemble. Lui, faramineux acteur de composition, jouissif au possible et elle, impériale comme d’habitude! Aucune autre actrice française n’aurait pu tenir ce rôle avec autant de maitrise. L’argent ne fait certes pas le bonheur, mais le voir provoquer autant les passions humaines en fait en tout cas ici un excellent divertissement populaire!
ANNEE DE PRODUCTION 2025.



