Jean Pierre Ménard, cadre supérieur fortuné, ne supporte plus que sa femme se refuse à lui. Après de vaines tentatives, il décide de passer à la vitesse supérieure en lui coupant les vivres. Plus de Carte Gold ni de chéquier! Si elle s’obstine à faire chambre à part, elle n’aura plus le moindre euro… Parallèlement, Richard, le chauffeur de Ménard, vit aussi une situation analogue avec une petite amie qui préfère se consacrer à sa passion d’écrire plutôt que de faire des galipettes avec lui. Les deux hommes se montent mutuellement la tête contre leurs femmes…
Trois ans après un premier long métrage sympathique sur les retrouvailles de deux soeurs « amies ennemies » (Les Soeurs fâchées), Alexandra Leclere remet le couvert avec sa caméra dans le sillage de la comédie cette fois cynique et vacharde. En interrogeant la place du fric dans une relation de couple bourgeois marié depuis des lustres et ne connaissant plus l’extase sexuelle, avec un mari débordant de désir et une épouse plus excitée par le lêche vitrines et le shopping à tout va. Postulat de départ: monsieur décide de ne plus entretenir sa femme tant qu’elle ne consent pas à respecter son devoir conjugal! Bref, du trivial pour tenter de faire rire, c’est un peu facile et un brin vulgaire, et d’ailleurs la majorité des séquences provoquent plus de gêne que d’amusement. La faute à un parti pris quasi misogyne (un comble pour un film réalisé par une femme!), des dialogues scabreux, des situations à la limite du ridicule. Et comme dans Les Soeurs Fâchées, le climax survient lors d’une scène de repas, ici une choucroute party qui dérape tant dans les gestes que dans les mots et donne lieu à une dispute plutôt savoureuse. Mais la mise en scène se fiche du contenu et filme tout ça comme un banal téléfilm M6 et malgré une durée standard de 1H30, le temps nous parait bien long!
Est ce que les acteurs sauvent l’entreprise? A peine! Christian Clavier nous ressert son éternel numéro de leader stressé, furieux et au bord de la crise de nerfs. Gérard Lanvin en chauffeur compatissant refait à peu près la même chose que dans Le Goût des Autres, la magie de l’écriture en moins. Géraldine Pailhas campe la petit amie à la libido éteinte et rêvant de percer comme écrivain. Enfin, et c’est bien là la seule planche de salut, Nathalie Baye, classe quoiqu’elle fasse, incarne l’épouse mise au pied du mur, apprenant que le machisme de son mari peut la priver de tous ses avantages financiers qui semblaient tomber tout cuit! Le prix à payer pour une comédie censée être grinçante? Un peu chère à l’arrivée!
ANNEE DE PRODUCTION 2007.



