Lionel, jeune chanteur talentueux originaire du Kentucky, grandit au son des chansons que son père chantait sur le perron de leur maison. En 1917, il quitte la ferme familiale pour intégrer le Conservatoire de Boston, où il fait la rencontre de David, un étudiant en composition aussi brillant que séduisant, mais leur lien naissant est brutalement interrompu lorsque David est mobilisé à la fin de la guerre.
Présenté au festival de Cannes en 2025, Le Son des Souvenirs est la cinquième oeuvre du réalisateur sud africain Oliver Hermanus, à qui l’on doit Shirley Adams et Moffie. Ce récit d’époque prend en toile de fond la guerre de 14/18 finissante, avant de se dérouler dans les années 20. Placé sous le signe du mélodrame sentimental dans un style contenu appréciable, le film souffre d’un scénario déséquilibré, entre une première partie limite soporifique, à l’aspect contemplatif systématique énervant et une seconde très romanesque à coups de « rebondissements » narratifs un peu téléphonés. La réalisation d’Hermanus, assez mollassonne, met d’abord l’accent sur la musique, le chant, l’importance des sons dans la relation nouée entre les deux hommes et ne traite presque pas de leur lien amoureux, ce qui nous empêche d’une certaine façon de s’attacher véritablement à leur histoire. Ensuite, le récit traite de l’absence, des sentiments refoulés ou inexprimés, et de ce point de vue, le film cumule d’évidentes similitudes avec Le Secret de Brockeback Mountain (l’échappée entre hommes dans la nature, leurs vies séparées et vécues ailleurs avec des femmes, puis l’annonce tragique que l’on voit venir à dix kilomètres!). La photographie des décors naturels du Maine renforcent le romantisme de l’ensemble, trouvant son zénith dans un dernier tiers attendu qui ne manque toutefois pas d’émotion.
Bon point cependant pour la jolie osmose entre les deux acteurs: Paul Mescal livre une prestation pudique, sans gros effets surlignés, face à Josh O’Connor, vu dans le mauvais Lee Miller, et on a le grand plaisir de retrouver Chris Cooper (excellent dans American Beauty) pour le final se passant en 1980. Adapté d’une nouvelle de Ben Shattruck, Le Son des Souvenirs insiste sur l’importance capitale des sons liés à nos souvenirs d’antan, comme peuvent l’être les odeurs ou les visions marquantes: la musique comme élément fondateur de notre nostalgie constitue le noeud central de cette poésie languissante proposée par Hermanus. Bien sûr, le tout n’a rien de spécialement infâmant, mais pas de quoi non plus casser trois pattes à un canard!
ANNEE DE PRODUCTION 2026.



