MOULIN ROUGE

1890, le Tout Paris se précipite au Moulin Rouge pour admirer ses danseuses et leur french cancan endiablé, rencontrer la Goulue. Au milieu de cette faune agitée, se trouve un petit homme, habitué des lieux. il s’agit d’Henri Toulouse Lautrec, un peintre infirme, handicapé depuis l’enfance par des jambes restées petites. Il noie son désespoir dans l’alcool, tout en dessinant les ambiances survoltées du cabaret…

Neuvième long métrage du réalisateur, scénariste et producteur John Huston, Moulin Rouge ressuscite les grandes heures du fameux cabaret de Pigalle, son atmosphère de fêtes et d’alcool, un lieu longtemps considéré comme un sommet de débauche. Mais l’auteur de Quand la ville dort sort assez vite de la jolie illustration pour s’attacher à un sujet qui l’intéresse beaucoup plus: la vie de Toulouse Lautrec, tourmentée par son infirmité, ses amours malheureuses avec la prostituée Marie Charlet dont il fera le portrait, puis sa romance avortée avec Myriam, une femme qui ne réussira pas à lui redonner goût aux sentiments. Huston utilise un Technicolor de toute beauté pour magnifier le frou frou des robes d’époque et surtout donner aux tableaux du maitre une authenticité remarquable. Certes, les numéros dansés impriment la rétine par leurs couleurs flamboyantes, mais c’est bel et bien les états d’âmes et le spleen du héros handicapé que le film traite en priorité. Il y a malgré tout des redites dans les séquences montrant Lautrec victime de ses désillusions sentimentales que Huston aurait pu raccourcir. La musique de George Auric et les décors soignés du Paris de 1900 sont à mettre au crédit des qualités notables du métrage. En tout cas, niveau narratif, Huston fera beaucoup plus fort avec des oeuvres comme Les Désaxés ou La Nuit de l’Iguane, certainement plus à son aise dans le drame psychologique.

Moulin Rouge offre à José Ferrer de montrer un talent d’incarnation très au point et il fait de son Toulouse Lautrec une figure à la fois attachante, douloureuse, lucide sur sa condition d’homme solitaire et mal aimé. Quant aux femmes, elle sont jouées par Colette Marchand, l’épouvantable Zsa Zsa Gabor (dont le jeu s’avère horripilant en Jane Avril écervelée), et de Suzanne Flon, au début de sa carrière, alors maitresse de Huston dans la vie et qui s’en tire bien dans le rôle épisodique (et tout de même important de Myriam Hayam, le dernier « amour » du peintre avant sa mort prématurée). Entre le film historique et le biopic, Moulin Rouge a obtenu deux Oscars pour sa direction artistique et peut se laisser tout à fait regarder avec un plaisir non feint.

ANNEE DE PRODUCTION 1952.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

John Huston revisite les années folles parisiennes et l'évocation d'un lieu mythique de la capitale. Mais se penche surtout sur la vie malheureuse de Toulouse Lautrec, très bien joué par José Ferrer. Pas un très grand film, mais des qualités notables le rendent attachant.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

John Huston revisite les années folles parisiennes et l'évocation d'un lieu mythique de la capitale. Mais se penche surtout sur la vie malheureuse de Toulouse Lautrec, très bien joué par José Ferrer. Pas un très grand film, mais des qualités notables le rendent attachant. MOULIN ROUGE