L’AURORE

Un pêcheur s’éprend d’une citadine aux allures de vamp. Sous l’influence de celle-ci, il décide de noyer son épouse, mais change d’avis une fois sur la barque. Effrayée, la femme fuit en ville. Elle est bientôt rejointe par son mari, désireux de se faire pardonner.

Comme le feront plusieurs réalisateurs allemands après lui comme Sternberg ou Lang, F.W Murnau vient réaliser L’Aurore à Hollywood en 1927, peu de temps avant l’avènement du parlant et sans se douter qu’il allait signer l’un des plus beaux films du monde. Dans un carton indicatif d’épilogue, on est avertis que cette histoire est « de partout et de nulle part », que son universalité et son intemporalité en font une oeuvre unique. Murnau nous conte un amour tranquille entre deux jeunes gens de la campagne, avant qu’une tentatrice venue de la ville n’essaye de briser leur couple en séduisant le mari. Il utilise des procédés d’opposition simplistes (la femme est blonde tandis que la vamp est brune corbeau, la nuit est le domaine de la tentation, le jour plutôt le bonheur retrouvé). Plastiquement, le film est une merveille absolue (mouvements d’appareils ingénieux, profondeurs de champs incroyables plus de vingt ans avant le Citizen Kane de Welles, le noir et blanc imprime la rétine tant les images possèdent une aura d’exception). Très moderne dans son propos et dans sa forme, L’Aurore emprunte autant à l’expressionnisme allemand qu’aux toiles champêtres des maitres flamands comme Vermeer. Dans cette époque encore primitive du cinéma, le muet reste le seul moyen d’expression, pourtant Murnau tente des innovations sonores qui seront curieusement moins saluées que celles du Chanteur de Jazz, sorti la même année. L’Aurore revêt tous les caractères propres au mélodrame le plus banal, sauf que le cinéaste en tire quelque chose de profondément magique.

Si l’acteur George O’Brien a typiquement un jeu un peu outré comme il était fréquent de le voir au temps du muet, sa partenaire Janet Gaynor fait preuve d’une jolie nuance d’interprétation, le visage gracile, la silhouette un peu frêle, les mouvements presque chorégraphiés qu’elle impose. Elle sera la toute première actrice à recevoir la fameuse statuette des Oscars. Enfin, il faut surtout souligner l’extrême poésie du film, agissant comme un sortilège envoutant, alors même que la plupart des séquences décrivent des situations et des faits « basiques » transfigurés en tragédie antique. Par le génie de metteur en scène de Murnau qui nous avait déjà éblouis avec son Nosferatu et Le Dernier des Hommes. L’art cinématographique ne semble jamais avoir été aussi pur.

ANNEE DE PRODUCTION 1927.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un éblouissement constant que ce chef d'oeuvre signé Murnau à Hollywood. Il compile toutes les innovations techniques de l'époque par le biais d'un récit aussi simple que beau. Janet Gaynor remporta l'Oscar de la meilleure actrice. A voir, revoir, re revoir sans la moindre lassitude.

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Un éblouissement constant que ce chef d'oeuvre signé Murnau à Hollywood. Il compile toutes les innovations techniques de l'époque par le biais d'un récit aussi simple que beau. Janet Gaynor remporta l'Oscar de la meilleure actrice. A voir, revoir, re revoir sans la moindre lassitude. L'AURORE