Le super bandit Diabolik, assisté de sa fiancée Eva Kant, nargue la police et le syndicat du crime.
Les années 60 ont vu l’émergence des « fumetti », ces bandes dessinées italiennes pulp et cool, dont le cinéma ne pouvait tarder de s’emparer. Mario Bava, cinéaste prolifique du Bis, avait déjà offert au public des oeuvres fantastiques majeures comme Le Masque du Démon ou Les Vampires, des giallos comme Six Femmes pour l’assassin ou des films d’aventures comme Opération Peur et Duel au couteau. Avec Danger Diabolik, il passe à la comédie policière, issue d’une BD des soeurs Giussani, et contant les méfaits de Diabolik, un hors la loi masqué à mi chemin entre Fantômas et Arsène Lupin, se jouant des autorités et de la justice. Agrémenté de scènes humoristiques comme celle du gaz hilarant répandu au cours d’une conférence de presse, le récit suit un cheminement de série B classique, avec poursuites, érotisme soft, et un traitement visuel très soigné. Bava fut auparavant un chef opérateur de génie, et les lumières et les couleurs apparaissent ici d’une grande qualité. Umberto Lenzi, un autre spécialiste du Bis, avait peu de temps avant adapté Kriminal, dans une veine identique, sans atteindre le niveau de mise en scène sophistiquée de Bava. Grâce à des séquences délurées et volontairement kitsch, Danger Diabolik s’inscrit dans le même type de production que Barbarella sorti peu de temps après. Ajoutons à l’ensemble la musique mémorable d’Ennio Morricone et à la production l’incontournable Dino De Laurentis.
Le casting se veut international avec la présence de John Philip Law (également dans Barbarella) dans le rôle titre, de la sublime Marisa Mell en égérie du criminel et de Michel Piccoli (si! si!) campant l’inspecteur Ginko, déséspérement à la poursuite de Diabolik. Terry Thomas et Adolfo Celli tiennent aussi des rôles savoureux. Le final, cocasse et très second degré, voit le héros transformé en statue d’or avec un clin d’oeil laissant imaginer une suite à ses aventures. Mais non! Il n’en fut rien, Bava resta sur ce simple épisode que l’on peut ranger dans ses réussites les plus illustres, avant qu’il ne revienne définitivement vers le cinéma d’horreur.
ANNEE DE PRODUCTION 1968.



