L’indicateur de la 13e Brigade Territoriale a été assassiné. L’inspecteur en chef Palouzzi doit absolument savoir pour pouvoir recruter en sécurité une nouvelle « balance », et enquêter sur les agissements du caïd Massina. Dédé, un ancien lieutenant du truand vivant avec une prostituée, Nicole, semble être le bon choix.
Les années 80 ont vu fleurir tout un tas de polars urbains, plus ou moins mémorables, mais La Balance demeure LA référence dans le genre. Porté en triomphe à l’époque auréolé de trois Césars majeurs (!!), le film décrivait le milieu des truands parisiens et des putes de Belleville dans le viseur des flics de quartiers. Des flics qui foutaient des tartes, en quête d’indics pour régler leurs enquêtes, qui n’hésitaient pas à répondre à la violence par la violence, familiers de méthodes d’un autre temps. Bob Swain, réalisateur d’un film intéressant La Nuit de St Germain des Près, hélas passé sous les radars est aux commandes de ce script collant au plus près au quotidien des policiers modernes, écrit en collaboration avec Mathieu Fabiani, un ex flic qui connait son sujet. Avec le recul, c’est plutôt du côté de la réalisation que le film nous apparait aujourd’hui « vieillot », certes nerveux sur le fond mais banal sur la forme et finalement impersonnel. La représentation de la violence, sèche et limite gratuite, la répétition de séquences de bastons notamment et la bande musicale rock datée accentuent ce sentiment d’une oeuvre ancrée dans son temps précis. Ce qui n’empêche pas une certaine noirceur dans le propos qui ouvrait des vannes inexplorées par les polars des seventies, portés par Delon ou Belmondo notamment.
Il est plus que probable que le film a acquis l’adhésion du public grâce à sa distribution de « nouvelles » têtes, puisqu’on retrouve Richard Berry, Christophe Malavoy, Tcheky Karyo, accompagnés par des vedettes déjà confirmées comme Maurice Ronet ou Philippe Léotard. Mais la plus value indéniable vient du seul rôle féminin dans cet univers de machos, campé par Nathalie Baye en pute qui ne se laisse pas impressionner ni manipuler par la police. Son jeu assuré la place directement en favorite pour le César de la meilleure actrice, qu’elle obtiendra en effet sans mal et enrichit incontestablement sa carrière. Cet affrontement truands/flics ne manque ainsi ni de tonus ni d’action, même si son enveloppe accuse le poids des années. Avouons que le César du meilleur film attribué semble aujourd’hui abusif.
ANNEE DE PRODUCTION 1982.



