L’histoire vraie de Tony Kiritsis, un homme ruiné à cause d’un emprunt. A Indianapolis, le 8 février 1977, il kidnappe le fils du courtier responsable de sa situation. Il réclame 5 millions de dollars et des excuses. La prise d’otage va durer 63 heures, sous les yeux de la télévision locale, puis nationale. L’Amérique se passionne pour cette affaire. Chacun choisit son camp. Tony est-il un criminel, ou simplement une victime qui réclame justice ?
Curieux de retrouver Gus Van Sant, cinéaste « indépendant » porté sur les drames sentimentaux et les états d’âmes d’êtres cabossés (Gerry, Will Hunting, Last Days) à la tête d’un thriller intense comme La Corde au Cou, son dernier opus en date, racontant une histoire totalement véridique qui avait secoué l’Amérique. Une prise d’otages orchestrée par un citoyen lambda, ruiné par des industriels sans scrupules, et décidant d’ obtenir justice par la force et la contrainte. Tout en faisant entendre sa voix, par l’entremise de la radio et des chaines de TV friandes de son « exploit » en direct live! Pourtant, à y regarder de plus près, ce n’est pas tant l’intrigue haletante autour du kidnapping qui intéresse vraiment le réalisateur de Prête à Tout, il s’agit plutôt pour lui de dessiner le portrait d’une Amérique fracturée, divisée (déjà!) et qui résonne bien sûr avec celle d’aujourd’hui, cinquante ans après les faits relatés. La Corde au Cou entretient un suspense soutenu jusqu’à son terme et aboutit à une conclusion des plus étonnantes et surtout imprévues! Caméra portée à l’épaule dans les rues, puis cadrages plus ressérés sur les deux visages du récit (le « hors la loi' » et sa « victime ») dans les lieux clos, le film balance du classicisme le plus agréable au recours aux images d’archives réelles.
Dans le rôle de l’anti héros nerveux et obstiné par son but, Bill Skarsgard compose son personnage avec précision, ni complètement antipathique ni franchement rassurant non plus, un mélange habile qu’il maitrise très bien. Son partenaire, Dacre Montgomery, parait infiniment plus fade, en retrait (et pour cause, il incarne l’homme kidnappé un peu sidéré par ce qui lui arrive), satisfait du coup moins. Dans une participation remarquée, Al Pacino reprend du service pour ce scénario qui, d’ailleurs, rappelle un de ses films les plus connus, Un Après midi de chien. Van Sant montre bien la putasserie des médias (là encore déjà dans les années 70), l’exploitation maximale d’un fait divers et avant toute chose, décrit le fossé entre les ultra riches intouchables et les « oubliés » du système capitaliste.
ANNEE DE PRODUCTION 2026.



