JENNIFER 8

John Berlin, inspecteur à Los Angeles, déménage dans sa ville natale afin d’oublier son difficile divorce. Il intègre le commissariat local et tombe très vite sur une étrange affaire de main coupée découverte dans une décharge publique. La disparition d’une jeune femme a été signalée dans un institut pour non-voyants, et d’après l’usure des doigts, la main serait justement celle d’une aveugle. John Berlin fait la connaissance d’Helena, la compagne de chambre de la disparue…

Le Silence des Agneaux avait remis au goût du jour les sombres histoires de serial killer et inévitablement ouvert la voie à toute une série de thrillers tentant de s’approcher du matériau génial de Jonathan Demme. Le scénariste, ancien acteur de L’Histoire d’Adèle H, Bruce Robinson, imagine pour Jennifer 8 une intrigue à l’ambiance poisseuse, au suspense rondement mené et surtout privilégie la psychologie à l’action pure. Le flic désabusé enquêtant sur les morts violentes de jeunes filles aveugles sert de canevas certes conventionnel dans un premier temps, puis peu à peu Robinson adopte un style de narration plus trouble, lorgnant parfois vers du Lynch période Blue Velvet. Moins roublard que Copycat et moins malsain que Seven, le scénario accorde une place importante aux sentiments du policier dont les motivations pour dénouer l’énigme se nichent dans la relation amoureuse qu’il entretient avec son témoin, sans que le film ne sombre pour autant dans une romance hollywoodienne idiote. Essentiellement situé de nuit, Jennifer 8 joue avec nos nerfs par une photographie lugubre bien conduite par Conrad Hall, dans un Los Angeles anxiogène et évoquant à vrai dire une certaine idée de l’enfer.

En tête de casting, le beau Andy Garcia, brun ténébreux découvert dans Les Incorruptibles, parfait en inspecteur perspicace et supportant même les accusations de sa hiérarchie lors d’une séquence tendue d’interrogatoire avec un John Malkovich vindicatif tout à fait excellent. En jeune aveugle en danger, Uma Thurman confirme toutes les promesses de sa révélation des Liaisons dangereuses. Enfin, solide second rôle bien connu (Network, Terminator, Aliens), Lance Henriksen se fond idéalement dans cet univers glauque. Petite réserve sur la conclusion, trop vite expédiée par Robinson et que l’on aurait aimé plus aboutie et fouillée (notamment sur les motivations réelles du tueur). Hormis ça, Jennifer 8 tient fièrement la route et se démarque même du tout venant de la production globale des thrillers américains.

ANNEE DE PRODUCTION 1993.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un bon polar poisseux signé Bruce Robinson (ex acteur) sur la base d'un scénario traité de façon moins convenue que d'habitude. Distribution efficace, surtout le tandem Garcia/Thurman.

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