La vie de Katja s’effondre lorsque son mari et son fils meurent dans un attentat à la bombe. Après le deuil et l’injustice, viendra le temps de la vengeance.
Turc d’origine mais ayant acquis la nationalité allemande, Fatih Akin s »est fait connaitre avec des films comme Head On ou Une Jeunesse allemande, avant d’être sélectionné à Cannes pour In The Fade. Ce thriller doublé d’un drame intime (une femme perd les siens dans un attentat terroriste) tend à rappeler la présence toujours inquiétante et active de groupes d’extrême droite distillant leur haine des étrangers dans toute l’Europe. Justement, peu avant la réalisation du film, rappelons que Londres, Paris, Madrid (entre autres) ont subi des attaques meurtrières commis par des kamikazes illuminés et aveuglés par leur fanatisme. Akin veut ainsi trouver une certaine résonance avec l’actualité et en cela, au delà du simple polar noir, In The Fade délivre un message politique. Avec un sens affuté du réalisme, le cinéaste installe une tension soutenue, entre le début choquant, le procès des accusés, puis la détermination de l’héroïne à obtenir vengeance. Découpé ainsi en triptyque, le film s’avance crescendo vers son final radical, après l’exploration d’un deuil impossible, de la justice défaillante: sans doute peut on reprocher à Akin de charger la mule niveau démonstrations, de ne pas doter son script de complexité. Ce qui ne nuit nullement au suspense proposé et tourne immanquablement au « revenge movie ». Tragique et noire, la narration s’articule autour de la question de la haine, contaminant finalement les âmes les plus « pures ». Et puis, il s’agit au passage d’un saisissant portrait de femme meurtrie, ravagée de l’intérieur, que Fatih Hakin a écrit pour sa compatriote, Diane Kruger.
L’actrice joue là pour la première fois dans sa langue naturelle, « déglamourisée », quasiment dépourvue de maquillage et filmée au plus près, elle délivre une remarquable prestation. Le jury cannois lui décerna le Prix d’Interprétation féminine. Dans un rôle court et pourtant essentiel, l’acteur Ulrich Tukur (Amen, Le Couperet) sait se distinguer en l’espace de seulement quelques minutes. A sa manière, Fatih Akin rappelle que l’obscurantisme guette plus que jamais à nos portes, qu’il faut lutter contre les idées êxtrémistes et par le biais du cinéma, sa dénonciation humaniste agit comme un signal d’alarme fort.
ANNEE DE PRODUCTION 2017.



