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LA DOUBLE ENIGME

Le docteur Peralta est assassiné. Les soupçons du policier Stevenson se portent sur Terry Collins, qui aurait passé la soirée avec lui. Mais la jeune femme, choquée quand elle apprend la mort de son ami, a un solide alibi. Stevenson découvre que Terry a une sœur jumelle, Ruth avec qui elle échange souvent son identité et ses activités. Dans ces conditions, une des deux a pu tuer Peralta, d’autant qu’elles sont peu coopératives et protègent leur double intimité. Pour y voir clair, Stevenson demande l’aide d’un confrère de Peralta, Elliott, psychanalyste expert en gémellité, qui connaît et apprécie lui aussi Terry (ou est-ce Ruth ?)…

Le milieu des années 40 au cinéma marque la forte tendance à traiter de psychanalyse dans des oeuvres sombres, soit dans le polar, soit dans le drame psychologique: on se souvient notamment du somptueux Laura de Preminger, de la Maison du Dr Edwardes d’Hitchcock et moins fréquemment cité, La Double Enigme du brillant Robert Siodmak, auteur du superbe Les Tueurs. Ici, deux soeurs jumelles sont passées au crible par la police et par un médecin spécialisé pour déterminer laquelle des deux serait susceptible d’avoir commis un crime non élucidé. Siodmak installe une atmosphère de film noir, étrange et opaque (comme ses héroines) et compose un suspense de belle tenue. Le script, malheureusement un peu plombé par d’abondants dialogues faisant passer le tout pour bavard, n’aurait pas été désavoué par Lang ou Hitchcock. Un terrible duel mental débute entre les deux soeurs, la coupable essayant de passer pour l’innocente et joue sur la corde sensible pour amadouer son ainée. Le sujet de la démence criminelle est astucieusement traité par le biais d’une mise en scène austère, laissant planer le doute constant sur les intentions malveillantes de la « mauvaise soeur ». Bien sûr, l’opposition entre le Bien et le Mal s’avère un brin schématique et grossière, mais cette Double Enigme peut se targuer de garder son mystère intact jusqu’au bout.

Après Bette Davis qui avait quelques mois plus tôt incarné aussi deux jumelles dans le moyen La Voleuse, c’est au tour de Olivia de Havilland de relever ce double défi et de faire preuve de finesse pour signifier la frontière ténue entre la « saine d’esprit’ et la « roublarde calculatrice ». Les liens du sang, fortement malsains décrits par Siodmak, amènent une coloration vraiment sombre à ce polar méconnu qui n’a pas rencontré le succès à sa sortie. On peut donc légitimement lui redonner sa chance et considérer que Siodmak a plutôt fait du bon boulot.

ANNEE DE PRODUCTION 1946.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un polar psychologique où deux soeurs jumelles sont potentiellement coupables d'un meurtre (en tout cas l'une d'elles). Siodmak fait moins bien qu'avec Les Tueurs, mais il n'a pas à rougir pour autant. Olivia de Havilland superbe dans les deux rôles.

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Un polar psychologique où deux soeurs jumelles sont potentiellement coupables d'un meurtre (en tout cas l'une d'elles). Siodmak fait moins bien qu'avec Les Tueurs, mais il n'a pas à rougir pour autant. Olivia de Havilland superbe dans les deux rôles. LA DOUBLE ENIGME