Un jour de juillet 1982, André Bamberski apprend la mort de sa fille Kalinka. Elle avait 14 ans et passait ses vacances en Allemagne auprès de sa mère et de son beau-père, le docteur Krombach. Rapidement, les circonstances de sa mort paraissent suspectes. L’attitude de Dieter Krombach, ainsi qu’une autopsie troublante, laissent beaucoup de questions sans réponse. Très vite convaincu de la culpabilité de Krombach, André Bamberski se lance dans un combat pour le confondre. Un combat de 27 ans qui deviendra l’unique obsession de sa vie…
Cette année, L’Abandon, revenant sur les faits terribles conduisant à la mort de Samuel Paty par un êxtrémiste musulman remettait en lumière le réalisateur Vincent Garenq. Il avait déjà fait parler de lui en 2016 quand il relata une autre affaire judiciaire retentissante: l’Affaire Kalinka Bamberski, du nom de cette jeune fille violée et assassinée par le docteur allemand Dieter Krombach. Au Nom de ma Fille raconte, de 1974 à 2012, le combat d’un père pour faire éclater la vérité et rétablir la justice, afin aussi de venger la mémoire de sa fille. Hélas, Garenq énumère chaque fait de façon ultra linéaire, d’une manière si factuelle qu’il en oublie presque d’écrire un scénario de cinéma digne de ce nom! Son film finit par ressembler à un Faites entrer l’accusé version « fiction à peine déformée » et ne s’implique pas non plus pour proposer une mise en scène un tant soit peu « originale ». Tout est lisse, propre, sans débordements: alors, bien sûr l’affaire en elle même suscite effroi, compassion et un relatif intérêt, c’est plutôt son traitement que l’on peut juger nettement moins excitant! Garenq fait un résumé de trente années d’acharnement en s’accrochant aux dates, en vieillissant ses personnages pour rester un minimum crédible et cet inventaire de séquences plates restitue médiocrement la lutte sans merci de ce père obsessionnel.
Dans ce rôle pourtant fort où il ne vacille presque jamais de sa « mission », Daniel Auteuil campe ce papa brisé par le deuil qui cherche dans la justice une impossible porte de « consolation ». Face à lui, Marie José Croze incarne la mère de Kalinka, enfermée dans un déni inexplicable. Enfin, en médecin trouble clamant son innocence malgré l’accumulation de preuves accablantes, Sébastian Koch (vu dans La Vie des Autres) aurait pu convaincre davantage si seulement son rôle avait été plus étoffé et surtout plus marqué dans ses zones d’ombres. Ainsi, cette reconstitution policière aboutit à un drame sans complexité, fade, ayant pour seul mérite d’attester (vite fait) des manquements du système judiciaire et la lenteur des procédures.
ANNEE DE PRODUCTION 2016.



