Durant un week-end ensoleillé, Andrew et Adrian reçoivent quelques amis : Léopold et sa fiancée Ariel, ainsi que le docteur Maxwell et sa nouvelle conquête, une infirmière peu farouche. Alors que le couple d’Andrew s’épuise, des intrigues se nouent, mêlant frustrations amoureuses et souvenirs.
Woody Allen n’est jamais meilleur que quand il convoque, « imite » et reprend à son compte les influences qui animent son oeuvre. Preuve en est avec cette Comédie érotique d’une nuit d’été, clairement pensée et conduite dans l’esprit de Shakespeare et d’Ingmar Bergman. Ce chassé croisé amoureux situé en 1905 aux forts accents « Tchekhoviens » se déroule dans une campagne merveilleuse, une nature propice aux émois du corps et du coeur, bien éloigné des habituels récits d’Allen tous ou presque placés en ville, et à New York spécifiquement. Ainsi, le Songe d’une Nuit d’Eté est présent partout, avec en prime l’humour piquant de Woody autour des relations sentimentales souvent complexes (perte de désir, amour contrarié, ménage en crise) et en filigrane la gravité s’invite sur le thème de l’insatisfaction amoureuse. Car chez les trois couples présentés dans ce script, aucun n’est véritablement épanoui et chacun ou chacune cherche à se satisfaire en dehors de leur union, emporté par la nostalgie d’un coup de foudre passé ou par une montée soudaine de libido. Woody s’amuse à filmer les caprices de l’amour comme dans un vaudeville charmant, usant d’un ton badin et détendu sur la musique de l’oeuvre symphonique de Mendelssohn. Les jolis costumes d’époque dessinés par Santo Loquasto et la superbe photographie de Gordon Willis ajoutent une plus value certaine à cet opus allenien enlevé et enchanté.
Outre Woody lui même en inventeur raté et mari inquiet de ne plus faire l’amour à sa femme, le casting global offre les belles prestations de Mary Steenburgen, Julie Hagerty, José Ferrer et le très drôle Tony Roberts, déjà dirigé par Allen dans Annie Hall, Stardust Memories et plus tard Hannah et ses soeurs. Enfin, Mia Farrow impose son visage lumineux et son jeu précis pour un personnage féminin au charme fou, que Woody filme avec un amour très visible, dirigeant là sa muse pour la toute première fois! Malgré son apparente légèreté, ce 11 e long métrage de l’auteur de Manhattan parle aussi de sentiments refoulés, de détresse, de mort, lui conférant une note infiniment précieuse. Bref, un film à redécouvrir dans la longue liste des réussites de Woody.
ANNEE DE PRODUCTION 1982.



