Au cours d’une expédition en Amazonie, un photographe est piqué à mort par une monstrueuse araignée qui s’introduit par la suite dans son cercueil. Elle est ainsi rapatriée en Californie. Bientôt, plusieurs morts suspectes sont déclarées dans le petit village de Canaima, ou seul le Dr Jennings a des soupçons sur leur origine…
Dans l’entourage de Spielberg, un certain Franck Marshall l’a assisté sur divers tournages, chopé des trucs de mise en scène et les a rangé dans sa tête pour le jour où il voudrait passer lui aussi derrière la caméra. Et quand l’auteur de E.T lui fila l’idée de produire un film fantastique autour de méchantes araignées venimeuses, il sauta le pas et s’attela à Arachnaphobie! Placé sous l’influence de vieux films comme Les Monstres attaquent ou L’Horrible Invasion, Marshall ambitionne à la fois de redonner un coup de jeune à un genre un peu tombé en désuétude et de ne pas sacrifier aux désirs du public, friand autant de frissons que d’humour et de « coolitude ». Du coup, son script installe tranquillement ses bases, d’abord en situant l’intrigue en Amazonie, puis dans une pette bourgade américaine bientôt terrorisée par une arrivée massive de « veuves noires » au venin mortel! Une dose de suspense bienvenue, quelques traits de drôlerie (macabre svp!), et des morts en série. Bref , Arachnaphobie remplit son cahier des charges sans démériter, même si la réalisation de Marshall ne comporte aucune véritable originalité en soi. Une excellente idée vient ajouter au scénario un bonus: la présence d’un exterminateur d’insectes et accessoirement d’araignées particulièrement truculent!
Produit par la firme Disney (ce qui en fait d’abord un divertissement quasiment familial), Arachnaphobie convoque pour son casting des acteurs certes de qualité mais pas de stars au générique: Jeff Daniels, vu dans le savoureux Rose Pourpre du Caire et Dangereuse sous tous rapports, tient le rôle central du bon médecin de campagne traumatisé depuis l’enfance par les araignées, Julian Sands, transfuge d’un cinéma plus auteuriste (Chambre avec vue, La Déchirure) rentre dans la peau d’un scientifique téméraire, enfin John Goodman campe l’exterminateur de bestioles avant de briller chez les Cohen notamment. Quant aux effets spéciaux, ils tiennent la route et échappent à l’ère numérique, confectionnés dans un esprit « vieille école » bricolo pas si mauvaise! A l’arrivée, du fantastique bon enfant, plaisant à reluquer et si c’est Spielberg qui chaperonne, ça ne peut pas être tout à fait naze!
ANNEE DE PRODUCTION 1991.



