Marianne est amoureuse de Valentine, un escroc. Ce dernier utilise cette relation pour soutirer de l’argent au père de Marianne, issu d’une famille aisée. Il finit par partir avec elle et l’argent, et la quitte par la suite…
Au début du parlant, le studio Universal brillait davantage pour ses films de monstres du genre fantastique (Dracula, Frankenstein, Freaks) que pour ses autres productions souvent de bien bas niveau. Comme en témoigne ce piteux drame familial conduit par un scénariste/réalisateur « tâcheron » affilié au studio, l’oublié Hobart Henley. D’une confondante banalité, le script évoque les atermoiements sentimentaux et financiers d’une famille, avec deux soeurs diamétralement opposées et un père riche mais influencé par un « escroc » minable désireux d’épouser une des deux donzelles. The Bad Sister ne propose ni idées novatrices de réalisation, ni rebondissements captivants, ne peut que se maintenir péniblement dans une sorte d’intrigue inconsistante dont on se moque bien vite. Si atouts il possède, le film peut à la rigueur les chercher du côté du casting, et encore pas dans ses têtes d’affiche!
L’actrice vedette s’appelle Sidney Fox, jolie brunette tombée dans les oubliettes elle aussi, elle campe la « mauvaise soeur » du titre avec assez peu d’aplomb à vrai dire. Son partenaire Conrad Nagel, un comédien de théâtre surtout très actif au temps du cinéma muet, ne fait pas de miracles non plus avec un jeu très restreint. En définitive, la petite notoriété tardive de ce navet vient de la présence dans deux rôles courts de deux futures immenses stars! Humphrey Bogart, goguenard, joue le gangster de bas étage, séducteur vénal en diable et surtout Bette Davis dont c’est le vrai premier passage devant une caméra. Avec son rôle peu valorisant, elle réussit pourtant à se démarquer en l’espace de quelques minutes en soeurette gentille et amoureuse. Bref, un registre très éloigné des harpies et peaux de vaches que la Warner lui fera jouer les décennies suivantes. Pour elle donc, un coup d’oeil se justifie éventuellement!
ANNEE DE PRODUCTION 1931.



