GUERRE ET PAIX

De 1802 à 1814, la campagne de Russie de Napoléon vue à travers la vie d’une famille d’aristocrates russes, et en particulier celle de la Comtesse Natacha.

Le foisonnant roman de Léon Tolstoï, récit passionnant de guerre et d’histoires d’amours contrariées, ne pouvait qu’attirer Hollywood pour en faire une adaptation cinématographique. Le réalisateur King Vidor, bien connu pour son style épique et baroque et qui signa le sublime Duel Au Soleil, s’attèle à cette tâche et contre toute attente, s’en sort plutôt avec panache. Il garde l’esprit du livre, sans le trahir, et le synthétise pour en faire une superproduction à la mise en scène faste. Doté d’un budget colossal, le film bénéficie de cinq scénaristes, d’une photo splendide de Jack Cardiff (un des plus fameux chefs opérateurs), de Nino Rota à la partition musicale et bien sûr d’un casting international. Parfois, toute cette conjugaison de talents donne un produit décevant, Vidor réussit son pari avec adresse, alliant son penchant pour le lyrisme et son aptitude à embarquer le spectateur dans l’aventure, combinant à la fois les séquences de batailles imposantes et les tourments sentimentaux de son héroïne. Mais à la manière d’Autant en Emporte le Vent, auquel on pense parfois, Guerre et Paix n’est pas qu’un beau livre d’images, il offre une fresque majestueuse montrant aussi les faiblesses des hommes conduisant les combats (ce plan de Napoléon, le regard perdu au bord des larmes, comprenant que son monde s’écroule dit bien des choses). Il y a certes sur les 3H20 de projection quelques longueurs parfois pénibles et une propension à trop suivre les conventions dictées par Hollywood, mais Vidor aurait pu davantage s’enliser comme les soldats dans la Bérézina.

Finalement, le moins satisfaisant reste la distribution: masculine surtout avec Mel Ferrer dans le rôle d’André, inspirant plus de tiédeur que de passion, Henry Fonda apporte un peu plus de « coffre » mais semble emprunté en comte Bezoukhov humaniste et pacifiste, Vittorio Gassman campe Anatole Kouraguine, sorte de bellâtre aussi séduisant que fourbe. Le vrai joyau c’est Audrey Hepburn, délicieuse Comtesse Natacha Rostov, pleine de vie, inconséquente puis éprise d’absolu et qui évolue avec la grâce dont elle était dotée. Bien sûr, il faut relire le pavé de Tolstoï, incontournable de la littérature russe, mais le découvrir raconté sur grand écran procure un plaisir bien réel que l’on aurait tort de refuser.

ANNEE DE PRODUCTION 1956.

REVIEW OVERVIEW

réalisation
scenario
interprétation

CONCLUSION

Du très grand spectacle conduit par Vidor et sa réalisation ample. Magnifiques images de Cardiff. Casting plus faible, heureusement illuminé par la délicate Audrey Hepburn dont on épouse tous les sentiments.

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