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LA VILLE EST TRANQUILLE

Michèle est une ouvrière à la criée aux poissons, qui s’est mise en tête de sauver sa fille toxicomane. Paul trahit ses amis dockers en grève pour devenir chauffeur de taxi. Viviane Froment est une musicienne qui ne supporte plus la gauche réaliste que représente son mari. Abderamane, transformé par la prison, cherche à aider ses frères. Claude a des affinités avec des militants d’extrême droite. Gérard a un rapport à la mort, la sienne et celle des autres, qui prête au mystère.

Ce dixième long métrage du marseillais Robert Guédiguian arrive dans son oeuvre pile au moment du nouveau millénaire et une fois n’est pas coutume s’éloigne clairement des films doux amers teintés de comédie et d’humanisme qui ont fait sa gloire, Marius et Jeannette en tête. Avec son titre évocateur et sacrément ironique, il veut justement montrer combien sa ville (Marseille en l’occurrence) est tout sauf tranquille! Derrière les apparences se niche tant de drames et d’existences bousillées. Son récit, ample, s’organise autour de destins croisés, de marasmes personnels additionnés (qui ne vont d’ailleurs pas forcément se télescoper), un peu à la manière du cinéma d’Altman. Entre la mère dévouée qui apporte à sa fille sa dose d’héroïne (allant jusqu’à se prostituer pour ça), le chauffeur de taxi embellissant sa situation affective et financière auprès de ses parents retraités, le barman fomentant un attentat contre un dirigeant d’extrême droite, un ex jeune taulard en pleine reconstruction, Guédiguian charge la mule niveau dramaturgie au risque par moments de verser dans la complaisance. Ceci étant dit, les accents tragiques du scénario, la caméra observatrice sans intrusions, la belle idée de débuter le film par une sonate de Satie puis de le clore par un air de Mozart laissent bien penser que Guédiguian sait parfaitement où il va et ce qu’il veut dire.

La peinture de ce Marseille où chacun vit dans sa bulle, où la solidarité rencontrée dans son Estaque natal se voit gommée ici, prend des allures de puissant mélodrame sans aucune porte de sortie, ni une once d’humour. Sa troupe répond présent évidemment: Ariane Ascaride campe une femme sacrificielle et malheureuse avec courage et dignité, Jean Pierre Darroussin le taximan bienveillant qui a autrefois trahi ses compagnons travailleurs, Gérard Meylan un barman taiseux à l’esprit de « justicier social ». D’une noirceur implacable, La Ville est tranquille reste sans nul doute le film le plus pessimiste de Robert Guédiguian.

ANNEE DE PRODUCTION 2001.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Pas un brin d'espoir (pour une fois) chez Guédiguian dans ce 10e film très bien construit sur des thèmes "déprimants" (drogue, chômage, prostitution, précarité). Ariana Ascaride toujours en muse impeccable.

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Pas un brin d'espoir (pour une fois) chez Guédiguian dans ce 10e film très bien construit sur des thèmes "déprimants" (drogue, chômage, prostitution, précarité). Ariana Ascaride toujours en muse impeccable. LA VILLE EST TRANQUILLE