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MORT A VENISE

Gustav Von Aschenbach, un compositeur vieillissant, vient chercher à Venise une atmosphère propice à l’épanouissement de son Art. N’y trouvant d’abord aucune inspiration, sa passion se réveille à la vue d’un jeune adolescent, Tadzio, en vacances avec sa famille.

Le plus esthète des cinéastes italiens, Luchino Visconti, adapte la nouvelle de Thomas Mann et réalise après des chefs d’oeuvres tels que Rocco et ses frères et Le Guépard rien de moins que l’un des plus beaux films de l’histoire du cinéma. Une oeuvre tout à la fois contemplative et méditative sur la fascination mortelle que peut exercer la beauté. Le protagoniste, musicien célèbre et taciturne, toujours en quête d’absolu voit sa vie bouleversée par l’apparition divine et la grâce d’un adolescent, dans lequel il projette en même temps sa nostalgie de ne plus être jeune, mais aussi ses désirs. Mais on ne peut réduire la richesse thématique de Mort à Venise à l’amour tardif ou à une simple attirance d’ordre pédophile: Visconti aborde des sujets philosophiques comme le temps qui passe, la recherche incessante d’un bonheur illusoire, et bien sûr la Mort. Avec un soin extrême apporté aux images admirables d’une Venise crépusculaire et même pourrissante, et accompagnés par la sublime symphonie n°5 de Gustav Mahler, le film est une lente progression vers la fin de vie, accentué qui plus est par le choléra, ravageant les âmes et les corps. Avec une complexité lumineuse, le scénario fait dans l’économie de dialogues, mais place au premier plan les regards, les sensations et nous fait toucher ce qu’il y a de plus poignant dans notre destinée individuelle.

Les longs plans séquences à travers la ville fascinent jusque dans le final sur la plage du Lido, quand le jeune Tadzio pointe son doigt vers un ailleurs invisible, sous les yeux du héros principal, terrassé. Egalement construit en flash backs, le récit nous replonge dans le passé traumatique du compositeur, nous donnant des pistes sur son état mental et physique, sur sa fragilité même. Dirk Bogarde incarne cette figure avec une précision chirurgicale et trouve là son rôle le plus fameux. Silvana Mangano et Marisa Berenson offrent de belles partitions avec pourtant peu de présence à l’écran. Dans ce poème d’amour et de Mort, Visconti a mis toutes ses obsessions et montré combien l’Art élève l’être humain, jusqu’à ce que tout se dérobe sous ses pieds. Chaque nouvelle vision de ce film rare nous apporte davantage de matière à réfléchir, à ressentir. Juste magnifique.

ANNEE DE PRODUCTION 1971.

REVIEW OVERVIEW

réalisation
scenario
interprétation

CONCLUSION

Un poème d'amour et de Mort, aux images sublimes et à la mise en scène prodigieuse. Le thème de Mahler mythique et Dirk Bogarde exceptionnel.

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