NUIT ET BROUILLARD

Auteur de courts métrages et de documentaires depuis la fin des années 40, le réalisateur français Alain Resnais fut chargé de mettre en scène ce court métrage de 32 minutes pour apporter un des premiers témoignages essentiels sur la barbarie nazie, perpétrée pendant les années de guerre dans des dizaines de camps de concentration devenus bien souvent des camps d’extermination. Commandé par le Comité d’Histoire de la Seconde Guerre Mondiale, ce sujet se voit ainsi traité sous la forme d’un documentaire visant à heurter, éveiller les consciences et surtout à tenter de montrer l’indicible horreur. Resnais utilise en alternance un montage d’images d’archives (en noir et blanc) tournées sur les lieux mêmes des génocides et des prises de vues en couleurs dix ans après, où une fausse quiétude semble avoir envahi les camps abandonnés. Soutenu par un texte signé de Jean Cayrol (ancien déporté) et Chris Marker, futur auteur de La Jetée, Nuit et Brouillard ne tombe jamais dans la complaisance facile, ne cherche pas à perpétrer un esprit revanchard, il énonce des faits abominables de manière très frontale et le commentaire, lu par l’acteur Michel Bouquet, est d’autant plus saisissant qu’il est dit sur un ton sans effets, d’une sobriété exemplaire. Sortant du puits le plus nauséeux de l’Histoire, les actes les plus atroces nous sont décrits presque froidement, nous blessant au plus profond de notre humanité.

Trois ans avant son puissant Hiroshima mon amour, contant sur le mode fictionnel un autre épisode effroyable, Alain Resnais raconte le lent calvaire des déportés, leur quotidien fait de malnutrition, d’humiliations, de coups et surtout leur longue nuit vers la mort quasi systématique. Les plans des baraquements, puis des fours crématoires où furent entassés neuf millions d’êtres humains nous hantent longtemps après le mot FIN. Nuit et Brouillard reste toujours une expérience insaisissable, insoutenable aussi et qu’il faut pourtant savoir regarder en face. Son but? Instaurer un devoir de mémoire pour toutes les générations à venir, savoir se poser les bonnes questions sur cette tuerie de masse comme le souligne la conclusion frappante: « mais alors qui est responsable? ». Film d’une inquiétude tenace, il interroge la possibilité qu’un jour, l’absolue monstruosité revienne commettre un génocide semblable. A l’heure où la résurgence de l’antisémitisme un peu partout en Europe prend une place angoissante, cette oeuvre entend lutter contre l’oubli, défiant le temps qui passe et nous crie: « Plus jamais ça! ».

ANNEE DE PRODUCTION 1956.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Pertinence

CONCLUSION

Tout simplement la référence absolue concernant l'horreur de la barbarie nazie. Un documentaire d'utilité publique mené par Resnais sur un texte de Jean Cayrol qui fait froid dans le dos. Insoutenable, mais à voir et à revoir pour ne jamais oublier.

1 COMMENTAIRE

  1. Ce film est en effet un des plus poignants et des plus marquants sur la barbarie nazie. Il résonne de manière bouleversante dans notre époque encore si gangrénée par le racisme et la haine! Tu as fait là une belle critique d’un film majeur à découvrir ou redécouvrir. Bisous tendres

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