TROIS ADIEUX

Après une dispute sans importance, Marta et Antonio se séparent. Lui, chef en pleine ascension, se réfugie derrière ses fourneaux. Elle, dans son silence, commence à ressentir quelque chose de plus que de la tristesse : elle a perdu l’appétit. Quand elle découvre ce que son corps lui dit vraiment, tout prend un tour inattendu : la nourriture a meilleur goût, la musique la touche comme jamais, et le désir réveille en elle l’envie de vivre sans peur.

La belle découverte de la cinéaste espagnole Isabel Coixet remonte à l’année 2003 et à son premier opus bouleversant  : Ma vie sans moi. L’histoire simple et poignante d’une jeune femme apprenant qu’elle est atteinte d’un mal incurable et qu’elle va mourir très prochainement, elle prépare ses proches à leur insu à sa disparition future. De la graine de mélo, mais traité avec sensibilité, tact et une humanité authentique. Avec son dernier opus, Coixet place sa caméra en Italie pour une escapade romaine teintée de nostalgie et reprend peu ou prou le même récit, avec des variantes tout de même, cette fois son héroîne doit d’abord expérimenter la douloureuse séparation d’avec son amoureux, se confronter au vide et se retrouver seule avant de tomber malade et d’envisager du coup son existence sous un autre angle. Trois Adieux parle ainsi de rupture, de corps qui se dérègle, de résilience -un mot à la mode qui prend ici tout son sens- et trace un joli portrait féminin avec une retenue tout à fait louable et agréable. On a juste un peu une impression de déjà vu avec ce scénario, traversé certes par quelques moments de grâce, mais qui s’étire inutilement sur deux longues heures pour finalement ne pas raconter grand chose. La réalisatrice use en outre de musique mélancolique, comme si le propos ne se suffisait pas à lui même et semble avoir du mal à établir une mise en scène réellement inventive. D’où un résultat assez anodin, que l’on peut bien sûr regarder sans s’ennuyer, mais qui rejoint le grand nombre de mélodrames du même type sortis ces vingt dernières années.

Le lot de consolation revient à l’actrice principale, de tous les plans, l’italienne Alba Rohrwacher, dotée d’un visage à la fois beau et triste, que l’on suit délicatement, entre rires et larmes, entre abandon de soi et dignité profonde. La caméra la filme avec une infinie douceur, ajoutant un indéniable attrait à un ensemble parsemé de bonnes et de moins bonnes choses. Son partenaire masculin, l’acteur Elio Germano, repéré dans Respiro et Romanzo Criminale, se défend honorablement dans un rôle un peu plus court. A noter la participation de Galatea Beluggi en confidente serveuse adorable. Le film parvient à contourner les pièges trop faciles du pathos et même si la sensation globale laisse un goût inégal, Isabel Coixet ne rate pas totalement sa cible et son désir d’émouvoir.

ANNEE DE PRODUCTION 2026

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un mélodrame retenu parsemé de moments de grâce mais handicapé par une mise en scène trop anodine. Bon point pour l'actrice Alba Rohwacher au visage à la fois beau et triste.

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