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L’ETOILE DU NORD

Sur le bateau qui le ramène d’Egypte en Europe, Edouard Binet fait la connaissance d’une jolie aventurière, Sylvie Baron. Il la met en relation avec un riche négociant qui voyage sur l’Etoile du Nord.

Décidément, le réalisateur français Pierre Granier Deferre avait de sérieuses accointances avec le style narratif du romancier Georges Simenon. Car après avoir déjà adapté au préalable Le Chat, Le Train et La Veuve Couderc (trois des plus gros succès des années 70), il rempile avec une quatrième adaptation, cette fois du roman Le Locataire. Il oppose avec acuité deux mondes et deux ambiances: l’Egypte, merveilleuse et ensoleillée, point de départ du héros, et Bruxelles, plus triste, grisâtre. Le héros raconte ses souvenirs égyptiens à la gentille logeuse qui s’entiche de lui et rêve par procuration de ses récits de voyage. Sans savoir qu’en chemin, il a sans doute commis un crime… Granier Deferre n’a jamais eu de don particulier pour la réalisation, il sait par contre fort bien installer une atmosphère, conter des histoires prenantes, tracer des personnages souvent à double visage ou cultivant un secret. Et L’Etoile du Nord justement comporte des mensonges par omission et une belle relation se nouant entre un aventurier un peu « minable » et une vieille dame aveuglée par l’affection qu’elle lui porte. Mention spéciale pour les dialogues, écrits avec justesse par Jean Aurenche et et Michel Grisolia, deux pointures en la matière, oscillant entre moments presque légers et gravité annoncée. Ce qui frappe chez Simenon et que fait bien ressortir Granier Deferre, c’est la complexité de l’âme humaine, les deux versants souvent contraires d’une personnalité: un aspect que l’on retrouve aussi dans les romans Les Fiançailles de Monsieur Hire ou Feux Rouges.

Comme à chaque fois dans son cinéma, Granier a recours à de grandes vedettes pour embellir un peu plus son affiche! Ainsi, il retrouve pour la troisième fois Simone Signoret, dont ce sera l’ultime rôle à l’écran, incarnant la logeuse pleine de compassion et d’écoute et lui adjoint Philippe Noiret (avec qui elle n’avait encore pas tourné). Une belle alchimie de jeu s’opère entre eux pour un résultat émouvant. Mais la vraie surprise du casting s’appelle Fanny Cottençon, jolie blonde affirmée, au jeu déjà bien en place et qui décrochera d’ailleurs le César du meilleur second rôle féminin. Du cinéma « classique », carré, bien fait. Approuvé!

ANNEE DE PRODUCTION 1982.

 

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Du cinéma français comme on l'aime: classique certes dans sa forme, mais avec du fond (dialogues, récit) et une rencontre pleine d'émotion entre Signoret et Noiret.

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