Garonne, un riche industriel de Turin, est sauvagement assassiné. Santamaria, un inspecteur de police modeste venu de Province, enquête et se rend compte qu’il y a plusieurs suspects tous désignés.
Auteur du mordant L’Argent de la Vieille, l’italien Luigi Comencini a assez peu abordé le genre du policier et avec La Femme du Dimanche, il peut à loisir mêler son regard sur la société italienne à travers une enquête où les pistes nombreuses posent de sérieuses questions à la police. Etrillant gentiment la bourgeoisie de Turin (comme le faisait Chabrol avec celle de la province française), Comencini trace des personnages futiles, inconséquents, insaisissables pour lesquels on n’a du mal à ressentir de l’empathie, créant volontairement une distance entre eux. Le réalisateur se moque des puissants, de leur existence dorée et ennuyeuse, tout en tentant de nous intéresser à une intrigue policière nébuleuse et pas franchement palpitante. En effet, les enjeux de qui a fait quoi se perdent rapidement dans un rythme lancinant, manquant cruellement de nerfs. Sa mise en scène, d’une froideur inhabituelle chez lui, explique en partie combien le scénario -pourtant écrit par les légendaires Age et Scarpelli- ne parvient pas à installer un suspense suffisamment prenant. De ci de là, un certain humour perceptible (autour de l’arme du crime notamment) et la bonne musique composée par Ennio Morricone sauvent partiellement le film d’un ennui poli.
Doté d’un casting attrayant, La Femme du Dimanche réunit deux pointures masculines : Marcello Mastroianni en inspecteur tranquille et placide tirant positivement son épingle du jeu face à un inattendu Jean Louis Trintignant en homosexuel oisif. Quant à Jacqueline Bisset, elle irradie de beauté, un an après La Nuit Américaine de Truffaut, cependant son rôle de veuve désoeuvrée reste trop en surface et ne lui permet pas d’imposer un jeu réellement marquant. D’habitude féroce, Comencini brille davantage dans la peinture d’un Turin à peine sorti du miracle économique que dans les méandres de son intrigue de polar faiblarde. Et nous apparaît du coup ici en petite forme.
ANNEE DE PRODUCTION 1975



