COMME UNE IMAGE

Sylvia Miller, professeur de chant, croit en son mari et en son talent d’écrivain, mais doute du sien et de celui de son élève, Lolita, jusqu’au moment où elle apprend qu’elle est la fille d’ Etienne Cassard, un écrivain qu’elle admire par dessus tout…

Pour présenter ce deuxième opus en tant que réalisatrice après le fulgurant Goût des Autres, Agnès Jaoui avait résumé son pitch en disant qu’il s’agissait en gros de l’histoire d’êtres humains qui savent très bien ce qu’ils feraient s’ils étaient à la place des autres, mais qui ne se débrouillent pas très bien à la leur, qui la cherchent tout simplement. A nouveau avec son binôme en écriture, Jean Pierre Bacri, elle compose un scénario à l’écriture intelligente, fine, aux nuances rares et flanqué de dialogues enlevés. Toujours pointue sur son sens de l’observation, elle réussit un film choral, avec des personnages complexes, se débattant avec leurs lâchetés, leurs contradictions, leurs compromissions. A travers le portrait d’une jeune femme mal dans sa peau, elle peint en même temps un microcosme de société où elle épingle les mesquineries du pouvoir et de la domination, entre ceux qui sont déjà installés dans leur statut, et ceux qui les admirent et voudraient également briller par eux mêmes. Cette comédie de moeurs ne se contente pas d’être drôle, elle dénonce la vilenie d’un père envers sa fille, l’hypocrisie du milieu de l’édition, et les diktats sociaux envers l’apparence (l’héroïne souffre de ses kilos en trop et n’arrive pas à avoir confiance en elle et en autrui).

Peut être un poil moins brillant que Le Goût des Autres au niveau de la mise en scène, ce second long métrage possède une maitrise formelle que bien des productions françaises peuvent lui envier. L’intelligentia parisienne en prend pour son grade, ainsi que les profiteurs en tout genre, savoureusement pointés du doigt. L’ironie dévastatrice du ton serait moins efficace sans la distribution impeccable qui la porte. Marilou Berry, étonnante dans le rôle de la fille complexée et en manque d’amour paternel, Jean Pierre Bacri bien sûr de nouveau parfait en père négligeant, Agnès Jaoui elle même encore très juste en prof de chant. Et bravo aussi à tous les seconds rôles: Michèle Moretti, Laurent Grévill, Serge Riaboukine, etc… Une excellente partition, couronnée d’un Prix du Scénario à Cannes.

ANNEE DE PRODUCTION 2004.

REVIEW OVERVIEW

réalisation
scenario
interprétation

CONCLUSION

Un chouilla moins abouti que Le goût des Autres, cette deuxième oeuvre d'Agnès Jaoui fait un carton avec son scénario béton et son casting du tonnerre.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

GUERRE ET PAIX

De 1802 à 1814, la campagne de Russie de Napoléon vue à travers la vie d'une famille d'aristocrates russes, et en particulier celle de...

MAMMA ROMA

Mamma Roma, prostituée romaine, aspire à la respectabilité et décide un beau jour de changer de vie. Elle récupère son fils Ettore, élevé dans...

PERSONNEL ET CONFIDENTIEL

Sally Atwater, modeste employée d'un casino de Réno, rêve de devenir journaliste à la télévision. Les places sont chères mais à force de ténacité,...

LE GRAND SILENCE

Hiver 1898. Dans les montagnes de l'Utah, des paysans et bûcherons sont devenus des hors la loi pour pouvoir survivre coûte que coûte. Des...