HITCHCOCK

A la fin des années 50, Alfred Hitchcock jouit d’une gloire sans pareille et songe adapter au cinéma le roman de Robert Bloch, Psychose, inspiré du tueur en série Ed Gein. Les producteurs jugent le script trop violent et refusent de le financer. Du coup, le réalisateur ne peut compter que sur le soutien exclusif de sa fidèle épouse, Alma Reville. Ils décident de monter le film avec leur propre argent. Dans le même temps, Alma tombe plus ou moins sous le charme d’un scénariste qui tente de la séduire..

Scénariste et occasionnellement réalisateur, Sacha Gervasi a sans doute nourri une forte admiration pour Hitchcock pour avoir l’idée d’élaborer une sorte de mini biopic sur la vie du gros metteur en scène anglais. Se focalisant sur une seule année de sa vie, il tente de traiter deux sujets: la préparation houleuse et fastidieuse de Psychose et la relation privée ET professionnelle du Maitre avec son épouse Alma Reville, toujours à ses côtés et d’une aide précieuse dans son travail. Gervasi a bien du mal à faire cohabiter ses deux aspects et son intrigue est une suite peu convaincante de séquences « didactiques », essayant de donner le maximum d’informations et d’anecdotes sur Hitchcock, ses névroses, sa méticulosité maladive et son obsession pour le crime (et bien entendu sur ses héroïnes blondes). Autant de choses que bien des biographies ont déjà maintes fois révélés et qui n’apportent pas grand chose à un récit mal construit. Le film vire plus ou moins au « drame » sentimental en montrant la tentation d’Alma pour un autre homme, mais là encore Gervasi échoue dans cette direction, pas assez creusée.

Ce qui « gâche » également le film, c’est l’interprétation d’Anthony Hopkins, pourtant si bon acteur. Il n’est tout simplement pas le personnage et semble mal à l’aise affublé, voire encombré de prothèses de sa supposée obésité. Cette erreur de casting est bien regrettable. Paradoxalement, le véritable intérêt vient du personnage d’Alma, incarnée avec justesse par Helen Mirren, excellente comédienne, elle parvient sans mal à donner de l’épaisseur à cette épouse de l’ombre, essentielle à la carrière du roi du suspense. Les seconds rôles s’en sortent avec plus ou moins de bonheur: Scarlett Johansson prend les traits de Janet Leigh, Toni Colette ceux de Peggy, l’assistante indispensable d’Hitch et Jessica Biel campe une Vera Miles aussi effacée que cette dernière. L’hommage direct au cinéma ne manque pas de charme, mais Sir Alfred méritait beaucoup mieux que ce biopic tiédasse.

ANNEE DE PRODUCTION 2012.

REVIEW OVERVIEW

réalisation
scenario
interprétation

CONCLUSION

Evocation paresseuse d'une année dans la vie d'Hitchcock. Réalisation terne. Script inabouti. Hopkins ne rend pas grâce à l'auteur de Psychose. Helen Mirren est là heureusement!

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