LA FILLE SEULE

Un matin, Valérie, une jeune fille de 19 ans, retrouve son fiancé Rémi dans un café. Elle lui annonce qu’elle est enceinte. Que faire? Ils n’ont pas le temps de décider: Valérie doit commencer sa journée de travail dans un grand hôtel, en tant que femme de chambre. Elle rejoint l’équipe du room service et démarre son activité, tentant de ne pas focaliser ses pensées sur son avenir incertain…

Benoit Jacquot s’est imposé dans le paysage français comme un cinéaste de l’âme humaine, des rapports intimes et des élans amoureux, avec des films comme Les Ailes de la colombe ou La Désenchantée. Cette fois, il établit un portrait féminin particulier, suivant en temps réel la journée d’une toute jeune fille, en plein basculement. Elle va devenir maman et passe donc de l’état d’adolescence à l’âge adulte, décidée à prendre sa vie en main et façonner son avenir comme elle l’entend. Si l’intrigue tient sur un timbre poste (il n’y a à priori pas de « rebondissements » dans ce scénario), c’est la mise en scène qui est en charge de tenir à bout de bras cette histoire simple, tout à la fois aérienne et bouillonnante de vie. Jacquot filme ainsi son héroïne au plus près, traquant ses regards, ses attitudes, et la suit constamment en mouvement (Valérie ne cesse de marcher tout au long du film, comme si elle ne tenait pas en place!). Les séquences sont montées de manière rapide, nerveuse et très énergique, comme pour signifier une urgence de vivre, à la manière de Rosetta des Frères Dardenne.

Le cinéaste capte quelque chose de l’air du temps dans ce Paris du milieu des années 90, le monde du travail y est vu comme une planche de salut pour accéder à une stabilité sociale et le spectre du chômage pèse encore sur le personnage masculin, le petit ami joué par un Benoit Magimel, à ses débuts. Un rôle qui aurait d’ailleurs mérité plus de développement, mais Jacquot ne s’intéresse qu’à cette fille seule! Tout le film repose sur l’interprétation et la présence de la jeune Virginie Ledoyen, ici employée dans son premier grand rôle, et s’affirmant aussi jolie que talentueuse. Elle y livre sûrement sa meilleure prestation d’actrice, soutenant tous les plans, par sa volonté farouche, son désir d’avancer, assumant ses choix et son autonomie, bien plus que sa solitude du reste. Elle a obtenu une nomination au César de l’espoir féminin. Du cinéma cérébral et sensible.

ANNEE DE PRODUCTION 1995.

REVIEW OVERVIEW

réalisation
scenario
interprétation

CONCLUSION

Quelques heures de la vie d'une jeune fille, filmée en temps réel par Benoit Jacquot, inspiré. Virginie Ledoyen, lumineuse, accroche tous les regards.

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