Afrique centrale, Denis Mukwege, médecin congolais et futur Prix Nobel de la paix, soigne, au péril de sa vie, des milliers de femmes victimes de violences sexuelles. Sa rencontre avec un chirurgien belge redonne un souffle à son engagement.
Originaire de Belgique, Marie Hélène Roux débute dans le cinéma avec ce premier long métrage directement inspiré par une histoire vraie. Celle d’un homme d’exception : Denis Mukwege. Un médecin combattant les atrocités commises au Congo au cours des guerres civiles et défendant la cause des femmes impunément violées et torturées, meurtries à jamais dans leur chair. Ce récit terrible et pourtant nécessaire revient sur des faits particulièrement atroces et assez peu relayés par les médias. Le propos est si fort qu’il pallie même aux faiblesses d’une mise en scène un peu scolaire qui informe sans forcément se soucier d’esthétique. , Muganga signifie « celui qui soigne » en langue swahili : le soin apporté aux corps sacrifiés, aux âmes broyées par la violence des hommes. Cette éprouvante aventure humaine voit aussi l’association professionnelle de Mukwege et d’un chirurgien belge du nom de Bernard Cardière, leur amitié et aussi leurs différences de points de vue ( notamment au sujet de l’avortement, un acte encore tabou en Afrique). Muganga montre également que la domination et la terreur exercée sur les plus faibles fonctionne comme un levier implacable, que même les politiques (instables) en place ne peuvent enrayer..Marie Hélène Roux choisit de ne pas trop filmer de viols face caméra, soit elle les suggère, soit elle les évoque par les mots et les plans de reconstruction chirurgicale. Comme pour ne pas rajouter de l’horreur à l’horreur..Dans cette optique, le résultat est moins voyeuriste que didactique.
Rien à redire sur l’interprétation sans fausse note d’Isaac De Bankolé dans le rôle titre du médecin humaniste. Sa retenue exemplaire, sa droiture, servent parfaitement le personnage. A ses côtés, le toujours investi Vincent Macaigne, chirurgien effaré en découvrant les réalités d’un pays en souffrance. A noter la prestation émouvante de Deborah Lukumuena, révélée dans Divines, en jeune fille enceinte de son violeur. L’ouvrage intitulé Panzi du Dr Mukwege a servi de base au scénario de ce film poignant, produit par une certaine Angelina Jolie, engagée à mettre en lumière ces faits et les sortir de l’ indifférence générale.
ANNEE DE PRODUCTION 2025.



