Lorsque, par une nuit de pleine lune, l’editeur new-yorkais Will Randall se fait mordre par un loup qu’il a renverse en voiture, il ignore que cet accident va changer le cours de sa vie.
Bien des versions autour du loup garou ont parsemé le cinéma (surtout américain) depuis les années 40 et ce thème de la lycanthropie a donné naissance à de véritables joyaux du genre fantastique comme Le Loup Garou de Londres, Hurlements ou Wolfen. Le studio Columbia décida de lui remettre un coup de « jeune » en proposant une version moderne au mi temps de la décennie 90. Avec à ses commandes, un réalisateur totalement novice dans ce type de productions, le très doué Mike Nichols, surtout connu pour ses drames psychologiques. Wolf met en scène un éditeur quinquagénaire traversant une mauvaise passe professionnelle et privée et déclarant qui plus est des symptômes inquiétants après avoir été mordu par un loup. Changement de comportement, agressivité, physique changeant à la nuit tombée, sens décuplés: voici notre héros possédé par un animal féroce sommeillant en lui! Nichols maitrise à peu près toutes les séquences dialoguées et « calmes », mais dès lors qu’il faut passer à l’action et à l’effroi, il panique et n’a recours qu’à des artifices de mise en scène grossiers (ralentis foireux, images sophistiquées et peu terrifiantes, suspense au rabais). On sent clairement qu’il n’est pas l’homme de la situation et que son scénario, pas fameux, fait du sur place et croule sous les longueurs! Pas ou peu de tension, quasiment pas de vrais moments de pur fantastique: Wolf déçoit inévitablement.
Dommage puisque le couple vedette ne manque ni de charisme ni de chien (ou de loup plutôt!): Jack Nicholson s’amuse à jouer de son animalité supposée, grimace un peu trop, cabotine comme il aime faire, mais la sauce ne prend pas! Quant à Michelle Pfeiffer, elle affiche une beauté insolente que l’on ne peut qu’admirer évidemment, mais se retrouve à passer pour un faire valoir dans une intrigue ratatinée. Le rôle du « méchant » échoit à James Spader, vu dans Sexe mensonges et vidéo et Crash, sans qu’il ne parvienne à nous faire claquer des dents un seul instant! Bien sûr, il y a eu des films de loups garous bien plus ratés que celui là, mais vu les moyens, le casting, et le réalisateur réunis, on pouvait être en droit d’attendre autre chose que ce résultat trop peu mordant!
ANNEE DE PRODUCTION 1994.



