RAPT

Homme d’industrie et de pouvoir, Stanislas Graff est enlevé un matin comme les autres devant son immeuble par un commando de truands. Commence alors un calvaire qui durera plusieurs semaines. Amputé, humilié, nié dans son humanité, il résiste en ne laissant aucune prise à ses ravisseurs. Il accepte tout sans révolte, sans cri, sans plainte, c’est par la dignité qu’il répond à la barbarie. Coupé du monde, ne recevant que des bribes d’informations par ses geôliers, Graff ne comprend pas que personne ne veuille payer la somme qui le délivrerait. Au dehors, son monde se fissure au fur et à mesure de la révélation de sa personnalité.

Survenu en 1973, l’enlèvement du Baron d’Empain, un industriel richissime, sert d’inspiration à Lucas Belvaux, réalisateur de La Raison du plus faible, pour tracer un polar à la fois sec et tranchant comme une lame de rasoir  . Rapt raconte la chute d’un homme de pouvoir, sa longue détention par des ravisseurs déteminés à lui soutirer sa fortune et surtout les conséquences de cet enlèvement sur sa sphère familiale et professionnelle. Belvaux mêle habilement le thriller, l’action et l’intime en dressant le portrait d’un homme mis à terre, dont on découvre la vie pleine d’extravagances (jeux dans les casinos, liaisons multiples avec différentes maîtresses, dettes personnelles qu’il impute à sa société) et les retombées psychologiques sur ses proches. Haletant de bout en bout, Rapt ne fait pas l’impasse non plus sur des moments de tension (la torture mentale imposée au prisonnier, la longue poursuite des ravisseurs au moment de récupérer la rançon) , ne perdant pas de vue que l’on «  nage  »surtout dans du policier pur jus. La politique joue aussi un rôle prédominant puisque l’auteur de Cavale décrypte les arcanes du pouvoir, la nature humaine changeante face à des situations extrêmes, les intérêts d’argent primant sur l’humain avant tout.

La qualité des seconds rôles (André Marcon, Françoise Fabian notamment) va de pair avec la prestation d’Yvan Attal en captif valant des millions d’euros. Amaigri, presque mutique pendant une bonne partie du métrage, il se révèle étonnant ensuite en victime d’un système dont il a largement profité. N’oublions pas de souligner combien sa partenaire, Anne Consigny, campant son épouse ravagée aussi bien par son rapt que par les révélations qu’elle doit avaler ensuite, sait imposer son jeu d’actrice confirmé. Ce cinéma français efficace et carré mérite toute notre considération.

ANNEE DE PRODUCTION 2009

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Belvaux trace un polar sec et tranchant, haletant de bout en bout. Action, suspense et un fond politique se mélangent. Très bon casting porté par Yvan Attal en captif amaigri.

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