CHAINED

Rashi est un flic consciencieux, droit, qui connait son travail. il vit à Tel Aviv, en couple avec Avigail, dont il attend un enfant. A la suite d’une affaire qui a mal tourné, il se retrouve sur la sellette et mis à pied injustement, pour une faute qu’il n’a pas commise. A partir de là, son monde s’écroule, et il va découvrir que sa femme lui échappe aussi progressivement…

On a l’impression d’être dans l’univers iranien de Ashgar Faradi, qui avait réalisé le magnifique film Une séparation, et une même tension, ainsi que de grandes émotions nous étreignent ici, face à ce beau portrait d’homme, dont toutes les certitudes vont s’écrouler. Le personnage de Rashi est filmé au plus près, l’utilisation des gros plans nous entraîne encore davantage dans ses tourments de flic déshonoré et désavoué par sa hiérarchie, puis délaissé par sa compagne, sans qu’aucun signal avant coureur ne lui soit donné. La dureté du scénario n’empêche pas la tendresse de parcourir tout le film, mais on pressent le drame arriver inexorablement. Le couple qu’il forme avec Avigail semble solide, puis il se fissure presque sans éclats apparents, comme si la vie était soudain vidée de sa substance d’absolu. La société israélienne décrite en creux montre qu’elle est gangrenée par ses propres certitudes. Un peu à l’image de Rashi qui finalement, en croyant protéger les siens, les domine aussi à sa façon, sans s’en rendre compte.

La question de la masculinité couve sans cesse, comment elle se pose comme acquise, avant de subir un effondrement très net,  mais aussi les mystères profonds du couple: à  quoi tient il, est ce que les sentiments ne sont bâtis que sur des illusions, etc…? Un script d’une grande richesse thématique donc, relayé par des acteurs criants de vérité. Par moments, on dirait presque du documentaire, tellement les situations sont hyperréalistes. Le metteur en scène, Yaron Shani, a conçu son film en dyptique avec cette première « partie » Chained (qui est le point de vue de l’homme) et l’autre versant Beloved ( sortie la semaine prochaine) montrera le regard d’Avigail , donc le point de vue féminin. En tout cas, cette oeuvre est percutante et agit comme un choc, avec son final radical et terrible que l’on ne dévoilera pas ici.

ANNEE DE PRODUCTION 2020

REVIEW OVERVIEW

réalisation
scenario
interprétation

CONCLUSION

Production israélienne très forte sur la chute d'un homme intégre.

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