JOKER

Arthur Fleck est un comédien de stand up raté, psychotique et qui vit encore auprès de sa mère. Un soir, il est agressé dans le métro par trois individus, alors qu’il est grimé en clown. Il va rentrer dés lors dans une folie progressive et devenir le Joker, un dangereux tueur incontrôlable de la ville de Gotham. Puis futur ennemi d’un certain Bruce Wayne, alias Batman…

Voici donc les origines du Mal qui habite ce personnage du Joker, déja vu au cinéma sous les traits de Jack Nicholson et surtout du génial et regretté Heath Ledger. Le réalisateur Todd Philipps  (Very Bad Trip !!) ambitionne de rentrer dans la psyché d’un homme malade, mentalement perturbé et qui, dés le départ, semble prêt à imploser à tout moment. C’est la sublime idée de ce scénario brillant: faire du Joker un simple citoyen de Gotham City, un pauvre comédien dans l’ombre, vivant auprès d’une mère dévorante et dérangée, sûrement affabulatrice aussi, et qui sombre crescendo dans une violence inouïe, à la suite d’événements, l’enfonçant encore davantage dans son malheur. Le côté obscur d’Arthur Fleck se dessine au fur et à mesure que l’on avance dans ce film noir, ce drame psychologique frappant, cette étude de caractère éblouissante. Cette oeuvre forte sur l’humiliation des plus faibles et sur l’impunité des puissants possède un message politique clair: la lutte des classes est plus que jamais d’actualité, les riches sont toujours plus riches, les pauvres toujours plus pauvres, et la révolte des « laissés pour comptes » s’affiche ici quasiment comme le thème principal.

Todd Phillips réussit avec une rare maestria à donner de l’épaisseur et de la richesse à cette histoire désespérée, non seulement en dressant le portrait d’un malade mental que la Société met constamment de côté, mais également en filmant (magnifiquement) les rues crasseuses et inquiétantes de cette ville, gangrenée par l’indifférence générale, dans lesquelles les rats pullulent, faute d’ordures ramassées. Le futur maire de Gotham, Thomas Wayne, a l’allure du sale type qui veut régner et obtenir le pouvoir, mais on pressent qu’il n ‘y a pas une once d’altruisme dans ses intentions. Et au fond, entre le Joker, supposé méchant tout désigné et lui, qui est le plus pourri? En fait, aucun personnage ne semble avoir de fond positif et c’est ce nihilisme complet qui fait froid dans le dos, tout au long des deux heures de projection. Bien entendu, il s’agit surtout de coller au plus près du héros, et la caméra le filme à même la peau. Joaquin Phoenix s’est fondu dans ce rôle halluciné avec une incroyable acuité, tantôt émouvant à en crever, flippant aussi lorsqu’il est en pleine perdition. Sa performance a été saluée par à peu près tout le monde, et il a obtenu un Oscar du meilleur acteur, très logiquement.

Son interprétation pourra paraître excessive à certains grincheux, c’est tout le contraire, il est tout le temps nuancé et chaque geste, chacun de ses regards est pensé, sans parler de son rire. On dirait qu’il provient des abîmes de l’enfer. Notons aussi que l’atmosphère sombre au possible est un hommage direct au cinéma de Martin Scorsese, plus précisément à Taxi Driver. En prime, Robert De Niro joue une sorte d’animateur TV faussement sympathique, et il est lui aussi épatant, comme à son habitude. En résumé, que dire de plus sinon que Joker est prodigieux, inventif, radical et que c’est un choc visuel dont le cinéma américain avait bien besoin. Ah! si seulement tous les films de super héros pouvaient avoir cette densité et cette ambition là!

ANNEE DE PRODUCTION 2019

REVIEW OVERVIEW

réalisation
scenario
interprétation

CONCLUSION

Un choc total qui est à la fois un film intimiste et un gros blockbuster. Pari gagné haut la main!

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