OLIVIA

A la fin du XXe siècle, dans une pension de jeunes filles à Fontainebleau, Mademoiselle Julie et Mademoiselle Cara sont les directrices de l’établissement. Depuis quelques temps, l’harmonie ne régne plus au sein du lieu, et l’arrivée d’une nouvelle venue Olivia ne va rien arranger. Les jalousies et les tensions se déchaînent dès lors que la jeune fille avoue son trouble à Mlle Julie…

Ce scénario audacieux pour l’époque est adapté d’un roman assez peu connu de Dorothy Bussy, très proche du style de Colette. La situation, les personnages, l’enjeu du propos rappelle un autre film du même genre Jeunes filles en uniforme, grand succès des années 30. La réalisation est confiée à une femme, Jacqueline Audry, une des rares cinéastes françaises à avoir eu une carrière assez régulière. Elle nous plonge donc dans cet univers exclusivement féminin (ce qui est une vraie gageure dans le cinéma très conventionnel d’après guerre), elle met en lumière des jeux de séduction entre une jeune pensionnaire et sa directrice au charisme écrasant, avec une frontalité stupéfiante, sans que l’on puisse y voir une franche homosexualité. Ce serait même presque un contre sens, il s’agit d’admiration aveugle, de dévotion excessive, et évidemment le trouble amoureux n’est jamais bien loin ou au moins une ambiguîté latente. L’éveil aux sentiments paraît être le vrai sujet du film, avec tout ce qu’il engendre de doutes, d’exaltation, et de déceptions.

La mise en scène d’Audry se borne à un certain classicisme précieux et l’aspect volontairement théatral fera passer le film pour bien démodé auprès du public d’aujourd hui. Il faut pourtant reconnaître un soin particulier apporté aux décors, aux costumes et à des dialogues certes très écrits, mais néammoins fort romantiques. Le couple formé par Julie et Cara est clairement lesbien, pourtant aucun plan ne les montre s’embrassant ou autre. La censure de cette époque ne l’aurait pas permis. Les deux actrices choisies comptaient beaucoup dans le paysage cinématographique: Simone Simon, ancienne Féline de Tourneur, et Edwige Feuillère impériale et inattendue dans ce beau contre emploi. Une curiosité qui mérite donc une découverte, à l’heure où la question du genre est si souvent soulevée.

ANNEE DE PRODUCTION 1951

 

REVIEW OVERVIEW

réalisation
scenario
interprétation

CONCLUSION

Film de femmes réalisé par une femme, classique sur la forme, mais atypique sur le fond.

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