EST OUEST

Juin 1946. Staline décide d’amnistier les Russes qui ont émigré à l’Ouest pendant la guerre. Alexei Golovine, un jeune médecin installé en France, décide de rejoindre avec son épouse, Marie et leur fils, le pays qu’il a quitté. Mais le couple comprend très vite qu’ils sont pris au piège dés leur arrivée…

Après l’épique et fastueux Indochine (triomphe colossal), Régis Wargnier entreprend un film dans la même veine romanesque, en choisissant de mêler à nouveau la grande Histoire avec celle, plus « petite » de destins individuels, pris dans les tourments de la dictature stalinienne. L’action se déroule juste après la seconde guerre mondiale, lorsque l’URSS continua à fonctionner sous un régime de terreur, où les exécutions sommaires, les déportations étaient légion, exigeant du peuple une adhésion totale au Parti Communiste, sous peine d’être éliminé purement et simplement. Le scénario met en avant un couple, composé d’un Russe et d’une Française, de retour en Union Soviétique, et découvrant (trop tard) les horreurs perpétués par le régime. Leur but: quitter cet enfer pour revenir en France, avec tous les risques qu’ils encourent. Cette trame à la fois historique et digne d’un thriller avec une tension permanente offre de beaux moments, très lyriques, écrits avec application et dignes des plus grandes fresques littéraires. Wargnier connait son métier et utilise sa caméra pour illustrer un propos fort. Si sa dénonciation du totalitarisme n’est pas très fine (et d’ailleurs on peut aussi lui reprocher une approche assez manichéenne), il mène son récit sans temps mort et parvient à nous intéresser jusqu’au bout de l’aventure.

Il peut compter sur son casting, irréprochable: Sandrine Bonnaire trouve là un très beau rôle de femme tantôt déterminée à fuir l’horreur, mais également victime silencieuse des choix malheureux de son mari. Elle s’impose comme une comédienne toujours très juste. Oleg Menchikov, son partenaire russe, vu dans le très beau Barbier de Sibérie, allie charme et jeu puissant. Quant à Catherine Deneuve, elle écope d’un rôle secondaire d’à peine dix minutes de présence (mais ô combien essentiel à l’intrigue) et elle est remarquable d’autorité en actrice de théâtre jouant Marie Tudor, devant un public russe comprenant à peine la langue française. Est Ouest souffre sans doute d’un certaine tendance à l’académisme, mais cela reste du bon cinéma « bien de chez nous », carré et soigné, sans trop de prises de risques.

ANNEE DE PRODUCTION 1999.

REVIEW OVERVIEW

réalisation
scenario
interprétation

CONCLUSION

Moins prestigieux qu'Indochine, mais tout de même émouvant et revenant sur un épisode de l'Histoire assez peu souvent traité. Sandrine Bonnaire magnifique.

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