FLAG DAY

Le père de Jennifer Vogel, John, est un homme plus grand que la vie. Lorsqu’elle était enfant, elle s’émerveillait face à son énergie magnétisante et son talent à faire croire que son existence était fantastique. Hélas, ses mensonges pourrissent aussi leurs rapports, et lorsque la jeune fille grandit et retrouve ce père tant aimé des années après, elle s’aperçoit qu’il est en fait un braqueur dangereux en passe d’être condamné à une lourde peine de prison…

Autrefois, Sean Penn pouvait se vanter d’être aussi bon acteur que réalisateur et a offert de très belles oeuvres comme The Pledge ou Into the Wild. Toujours soigneux sur ses récits et sur sa mise en scène inspirée et pleine d’émotions, la star a quelque peu perdu de sa superbe depuis plusieurs années et a même essuyé deux échecs cuisants, coup sur coup, au Festival de Cannes, où il a présenté ces derniers opus, dont celui ci. Tiré d’une histoire vraie, il raconte le parcours de vie d’une jeune femme et de son père, empêtré dans des rapports compliqués, douloureux et pourtant non dénués d’amour. John Vogel était un truand, faussaire, menteur pathologique et a dupé son monde (et sa famille) avant d’être incarcéré. Le point de vue du film est d’abord celui de sa fille, qui le voit depuis toute petite jusqu’à sa vingtaine, s’arranger avec la réalité, s’inventant des activités fictives, et sombrant finalement dans le banditisme. Sean Penn s’est peut être passionné pour ce destin, mais il a beaucoup plus de mal à restituer son empathie aux spectateurs, cumulant des séquences à l’émotion poussive et même facile, ainsi que des clichés sur la cellule familiale qu’il n’arrive jamais à contourner. Sa réalisation, maladroite et un peu déboussolée, se perd dans des flashbacks insistants, où cette paternité blessée trouve difficilement de quoi se déployer.

La narration veut à tout prix nous indiquer la toxicité de cet homme en tant que père irresponsable, mais de la subtilité aurait été bienvenue pour alléger la charge déjà lourde d’un scénario complaisant dans le psychodrame. Heureusement, Penn ne rate pas trop son interprétation (même si avec le temps, il a une certaine tendance à cabotiner) et surtout il révèle le talent brut de sa jeune actrice (et propre fille dans la vie) Dylan Penn. La jeune femme possède la grâce de sa mère (Robin Wright) et son jeu très convaincant permet de ne pas décrocher complètement du sujet. Pour elle donc, le film mérite d’être vu à la rigueur.

ANNEE DE PRODUCTION 2021.

REVIEW OVERVIEW

réalisation
scenario
interprétation

CONCLUSION

Sean Penn en petite forme passe à côté de son beau sujet. Dylan Penn jolie et bonne actrice, à suivre.

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