MAMMA ROMA

Mamma Roma, prostituée romaine, aspire à la respectabilité et décide un beau jour de changer de vie. Elle récupère son fils Ettore, élevé dans une famille de province à l’abri des aléas de son existence passée, et s’installe avec lui dans un HLM de la banlieue. L’adolescent finit pourtant par apprendre l’ancien métier de sa mère et tombe peu à peu dans la délinquance. Il fréquente une bande de voyous. L’ex maquereau de sa mère revient la relancer pour qu’elle reprenne ses activités…

Après le choc de son premier film, Accatone, Pier Paolo Pasolini assoit son statut de cinéaste italien d’envergure avec ce deuxième long métrage, placé sous le signe du drame social. La trame du récit en est simple: une ancienne prostituée tente d’échapper à sa vie misérable pour offrir un avenir meilleur à son seul fils. Traitant à la fois de la perte de l’innocence et d’injustice, Mamma Roma oppose sans cesse la violence des rapports sociaux à la tendresse infinie du lien mère/fils, placé ici plus haut que toutes les valeurs. Pasolini impose un point de vue pessimiste sur le destin de cette femme dont les rêves sont brisés par les pièges de la fatalité: il semble impossible pour ces personnages d’échapper à leur condition! On retrouve le néoréalisme cher à Rossellini, les déambulations dans les rues et décors naturels de cette banlieue romaine défavorisée et cette description acérée du prolétariat urbain dans lequel toute évolution parait tuée dans l’oeuf.

En mère possessive et putain repentie, Anna Magnani est magistrale: sa verve légendaire, sa voix placée très haut, ses grands yeux si expressifs et cette émotion constante qui émane d’elle servent ce très beau rôle à merveille. Elle dépasse le tragique pour atteindre au sublime, sans que jamais on n’ai l’impression qu’elle joue! Pasolini a parfaitement su l’utiliser et l’intégrer à son univers de marginaux et avec son sens inné de la poésie, il restitue la rage du « petit peuple ». La musique douce de Vivaldi atténue la violence du calvaire d’Ettore, le fils tant aimé enchainé au lit de sa prison, filmé comme le Christ sur la croix. Les longs travellings utilisés pour suivre Mamma dans son parcours semblent suggérer sa grande liberté, alors qu’en réalité elle est totalement prisonnière de sa vie. Une oeuvre bouleversante.

ANNEE DE PRODUCTION 1962.

REVIEW OVERVIEW

réalisation
scenario
interprétation

CONCLUSION

Un des films les plus émouvants de Pasolini, poéte et cinéaste majeur. Le destin implacable est à l'oeuvre. Anna Magnani n'a peut être jamais été aussi grande.

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