Accueil Critiques Drame SUMMER STORM (L'AVEU)

SUMMER STORM (L’AVEU)

Russie, 1919. Fedor Petroff, ancien juge d’instruction, n’est plus que l’ombre de lui même. S’il n’avait pas rencontré la somptueuse Olga, il n’en serait pas là! Il s’est entiché de la jeune servante, qui ne rêvait que grimper dans la société, en utilisant ses charmes. Par veulerie, il a perdu sa fiancée, la douce Nadina…

Bien avant de signer les plus beaux mélodrames du cinéma américain, Douglas Sirk, esthète européen cultivé, avait adapté une nouvelle de Tchekov pour son second film tourné aux US. Un texte intitulé La Partie de Chasse, contant le parcours d’un lâche et d’une arriviste dans une Russie en pleine déconfiture. Sirk livre une oeuvre captivante, aux images superbes (le noir et blanc remarquable y est pour beaucoup), et opte pour un ton amer et ironique, loin de ses films plus « guimauves » ancrées dans l’Amérique des années 50. Le portrait sans concessions de ce juge à la fois veule, dissimulateur et envouté par une femme démoniaque et irrésistible était peu courant dans le cinéma très policé des studios. Avec cette audace, il montre combien trois hommes, opposés en termes de classe sociale, d’instruction et de physique, vont tomber littéralement fous de cette déesse aussi belle que fatale. Une histoire de passions amoureuses, de trahisons, au dénouement forcément tragique!

Du côté de la distribution aussi il y a du lourd! Tout d’abord George Sanders et son élégance désabusée, employé ici quasiment à contre emploi, puisqu’il hérite d’un rôle finalement peu sympathique, Edward Everett Horton apporte une touche comique en incarnant un aristocrate pourri par l’argent, et enfin l’incendiaire Linda Darnell joue la femme arriviste avec un aplomb incroyable et sa beauté légendaire crève l’écran. Douglas Sirk ne fait pas l’impasse sur le cynisme effarant de son personnage principal qui n’est même pas gêné par le fait qu’un innocent paie pour son crime. Une oeuvre à voir pour mesurer les qualités exceptionnelles d’un réalisateur encore sous estimé.

ANNEE DE PRODUCTION 1944.

REVIEW OVERVIEW

réalisation
scenario
interprétation

CONCLUSION

Douglas Sirk à ses débuts américains et déjà en possession de ses nombreuses qualités! Mise en scène stylée, très belles images, récit radical. George Sanders et Linda Darnell forment un couple qui a de la gueule!

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

DON JUAN DE MARCO

Jack Mikler, psychiatre réputé et vieillissant, est appelé d'urgence pour tenter de sauver un jeune homme, menaçant de sauter du haut d'un immeuble. Il...

THE CAKEMAKER

Thomas, un jeune pâtissier allemand, a une liaison avec Oren, un homme marié israélien qui voyage régulièrement à Berlin pour affaires. Quand Oren meurt...

LES ENFANTS DES AUTRES

Rachel a 40 ans, pas d'enfant. Elle aime sa vie: ses élèves au lycée, ses amis, et ses cours de guitare. En tombant amoureuse...

SUMMER STORM (L’AVEU)

Russie, 1919. Fedor Petroff, ancien juge d'instruction, n'est plus que l'ombre de lui même. S'il n'avait pas rencontré la somptueuse Olga, il n'en serait...